Agrégateur de flux

Est-ce vraiment utile de voter aux européennes ?

Mammouth - jeu, 18/04/2024 - 15:00
Tous les cinq ans, les citoyens européens se rendent aux urnes pour élire leurs représentants, mais ce vote est-il vraiment important ?

À quoi ça sert au fond de voter aux élections européennes ? Pour qui vote-t-on ? Quels sont les pouvoirs des personnes que nous élisons ? Peuvent-elles vraiment changer les choses ? Mammouth répond pour vous à ces questions en 3 minutes.

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Aller à l’école jusque 17h… bonne ou mauvaise idée?

Mammouth - mer, 17/04/2024 - 20:00
Et si les élèves du primaire et du degré inférieur devaient désormais aller à l’école jusqu’à 17h? C’est ce que souhaite le MR. Dans son programme électoral, le parti libéral propose d’allonger la journée scolaire pour y intégrer des activités sportives et culturelles.

Crédits : Nikada

À deux mois des élections du 9 juin prochain, les propositions des partis vont bon train. Chaque formation politique met en avant les points importants de son programme électoral. Parmi les grands axes programmatiques du Mouvement Réformateur, l’enseignement et plus particulièrement, la poursuite de la réflexion sur les rythmes scolaires. Durant la prochaine législature, les libéraux veulent en effet allonger la journée d’école jusqu’à 17h. Selon eux, cela permettrait de mieux coller au rythme biologique des enfants, mais aussi d’insérer des activités sportives et culturelles à l’horaire. Un avis que partagent également PS et Ecolo, même si dans leurs cas, on n’avance aucune heure de fin des cours dans les programmes. Ecologistes, socialistes et libéraux s’accordent donc pour dire qu’il faut réformer les rythmes scolaires en incluant de l’extra-scolaire à l’horaire.

Mais cette mesure ne concerne pas que les enfants. Enseignants, parents et syndicats sont aussi impactés par cette proposition, ils émettent, pour certains, quelques réserves quant à son application pratique. Le secteur de l’extra-scolaire est, quant à lui, inquiet: comment va-t-il survivre à cette mesure?

Nous avons rencontré les personnalités politiques à l’origine de cette mesure et les avons confrontées aux acteurs de terrain. Cette mesure est-elle réellement bénéfique pour les enfants? Les enseignants sont-ils prêts pour une nouvelle réforme? Quid des activités extra-scolaires? Est-ce la fin du sport et de la culture après l’école?

Réponses dans ce podcast, réalisé par Marie Myant et Lilian Lefebvre.

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Pourquoi y a-t-il tant de Chinois au Congo ?

Mammouth - mer, 17/04/2024 - 17:18
Comprendre l’exploitation chinoise des mines congolaises

La présence chinoise en république démocratique du Congo connait une croissance explosive depuis quelques années déjà. Une histoire d’or bleu et de contrat du siècle, expliquée en deux minutes.

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La fin du rêve de Bernard

Mammouth - mer, 17/04/2024 - 09:56
Le seul refuge pour animaux exotiques de Wallonie condamné à disparaître

Les automobilistes qui empruntent la Nationale 25 à hauteur de Genappe peuvent apercevoir avec un certain étonnement un amoncellement de cages sur le talus de la route. C’est ici que se situe « l’Arche », l’unique refuge pour animaux exotiques du Brabant wallon.  
 
Devant le portail en fer de l’ASBL, une jeune fille au téléphone cherche désespérément un refuge pour se séparer de son raton laveur domestique. À contre cœur, Bernard Daune, le président de “l’Arche” vient de refuser de le prendre en charge. Il ne peut vraiment pas en accueillir un de plus. Il en a déjà vingt.

Dès l’entrée, les cages et les volières forment un chemin jusqu’à la maison de Bernard. C’est là que lui et sa femme Françoise habitent, entourés de 300 animaux. À droite des singes capucins et un coati, tandis qu’à gauche des ratons laveurs et des volières remplies de perruches ondulées et d’inséparables sifflent en chœur. Une joyeuse cacophonie recouvre le vrombissement constant des voitures. Des allées boueuses sont creusées par le passage quotidien de Bernard et de sa brouette. 
 
Quand la passion devient un refuge
 
L’ASBL « l’Arche »  voit le jour en 1988. L’année suivante, le refuge est reconnu d’utilité publique et devient le seul centre de la SPA en Belgique à accueillir des animaux indigènes et exotiques. On n’y trouve pas d’animaux de compagnie traditionnels. Ici les chats sont sauvages, ou bien carrément des très gros matous comme un tigre, un caracal ou un serval. Ces occupants ont bien souvent été abandonnés. Il s’agit, pour la plupart, de retraités de cirque ou du cinéma venus passer la fin de leur vie dans la quiétude de l’Arche. Des créatures qui ne pourraient plus vivre seules dans la nature. 
 
Grâce à sa passion, Bernard a rassemblé des bêtes en tous genres. Les personnes connaissant son engagement lui apportaient des animaux abandonnés ou blessés. Aujourd’hui, trois bénévoles y travaillent avec l’aide ponctuelle de travailleurs d’intérêts généraux.
 
Pendant des années, en plus de s’occuper d’animaux exotiques, l’endroit abritait aussi un centre de revalidation de la faune belge, un CREAVES. Ces refuges, agréés par la Région wallonne, sont destinés à accueillir et soigner des animaux retrouvés sur la voie publique pour finalement être remis en liberté. Récemment, l’ASBL a décidé de résilier ses accords avec la Région wallonne. Depuis 2002, « l’Arche » a relâché environ 300 à 400 animaux dans la nature chaque année, du renard au faucon en passant par le chevreuil.

Une tonne de viande par mois
 
Sur le terrain vallonné et pentu, mieux vaut ne pas oublier quelque chose sur le haut du talus. Les soigneurs ne sont pas habitués à ce terrain si particulier. Alors, lorsqu’ils oublient un outil, Bernard leur déclare que “si on n’a pas sa tête, on a ses jambes”. Ça fait 53 ans qu’il arpente ce dédale de petits chemins sinueux entre les différentes cages construites de ses mains.
 
Nous sommes en novembre, il est déjà 15 heures. Il faut se dépêcher de donner à manger à tous les animaux avant que le soleil ne se couche. Préparer et donner le repas à tous les pensionnaires nécessite deux heures chaque jour. Ce matin, Bernard s’est levé à 4 heures pour aller chercher dans les grands magasins sa tonne de viande mensuelle. Les surgélateurs tournent à plein régime, même si en cette fin d’automne, il ne faut pas nourrir les deux ours qui hibernent déjà. Le tigre mange tout de même sept kilos de viande par jour.
 
Bernard connaît chaque geste par cœur, chaque animal aussi. Les cages s’agitent à sa venue. Lorsqu’il rentre dans sa cage, le nandou le suit comme un chien suivrait son maître.




Son animal préféré, c’est l’ours. Il en a eu huit au total. Le premier, c’était en 1971. Cet un ours à Collier de l’Himalaya s’appelait Tintin. Un brin bourru, le vieil homme robuste en est un peu un lui-même. À force de les considérer comme ses semblables, il en a même perdu un bout de phalange en jouant avec l’un d’eux.
 
Une retraite au goût amer


Aujourd’hui, l’homme de 73 ans avance difficilement avec son genou qui le fait souffrir.
S’occuper des animaux, c’est un travail à plein temps et par tous les temps. Le couple de retraités n’a jamais pu partir en vacances. En été, il faut vérifier que tous les animaux aient assez d’eau. En hiver, il faut remettre des pellets dans le poêle des singes toutes les 11 heures.
 
Aujourd’hui, l’homme, usé, n’accepte plus de nouveaux pensionnaires. Il espère fermer le refuge et vider la majorité des enclos dans un délai de deux ou trois ans. Peu à peu, les cages se vident et on ne les remplit plus. L’amoureux des animaux prévoit le futur de tous ces protégés. Il envisage de donner son ours à un de ses amis proches. Il y a 8 jours, l’un de ses deux tigres est mort. Évidemment, il est triste, mais il est aussi soulagé. Ses animaux vieillissent et il ne faudrait pas qu’ils lui survivent. Bernard n’est pas dupe, il est conscient que sans repreneur, le refuge est condamné à disparaître. Un constat amer pour cet homme qui a consacré sa vie à ses animaux

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Tout le monde bâille, sauf les girafes !

Mammouth - lun, 15/04/2024 - 14:47
Le bâillement expliqué en 6 minutes

Illustration de Hélène Loffet

AAAAAAHHHHH, pardon ! Ce podcast m’a donné envie de bâiller !
Pas qu’il soit ennuyeux, loin de là ! La simple évocation par la pensé, la lecture d’un texte ou même le son peut déclencher un bâillement. Allez viens on t’explique !

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Un potager collectif peut-il rassembler un quartier fractionné ?

Mammouth - ven, 12/04/2024 - 16:50

Dans le quartier du Square Marguerite, un collectif voudrait réunir les habitants autour des légumes

Le collectif de quartier ‘Autour de Marguerite’ a lancé en 2018 un potager collectif, situé au Square Marguerite, dans le Nord-Est de Bruxelles. L’objectif: rassembler deux populations n’ayant aucun atome crochu. Une population plus aisée y habite, tandis que l’autre, défavorisée, y passe la journée. Le projet est-il utopique ?   

Danielle Beeldens est retraitée et vit dans le quartier du Square Marguerite depuis 25 ans. « Rue Jenneval, » exclame-t-elle fièrement. Sa rue donne sur un Square est divisé en deux partie: une agora avec un terrain multisports enclose à l’intérieur de grilles grises qui en ferment l’accès durant la nuit, et un ancien kiosque, qui sert de diffuseur de gaz et d’électricité pour les habitants. Celui-ci, aussi entouré de grilles, forme une infrastructure bétonnée, basse, mais imposante, sans charme. Au début du XXe siècle, le Square devait accueillir une basilique néogothique, qui ne fut finalement jamais construite, faute d’espace. Le tout est surplombé par des immeubles à dix étages. Un bout de terre avec des hortensias encercle la structure.

C’est dans ce lieu improbable que Danielle et son collectif ‘Autour de Marguerite’ ont implanté un potager collectif, « le seul endroit sur le Square où c’était possible » selon elle. Une première demande de permis introduite, il y a dix ans, avait été refusée par la ville de Bruxelles, alors gérée par Yvan Mayeur (PS). « La ville jugeait le projet infaisable et nous décourageait en disant que ça ne fonctionnerait jamais », explique Danielle. Cinq ans après, cette fois sous le mandat de Philippe Close (PS), la demande a fini par être acceptée. « Les mentalités changent », rigole-t-elle.  

 La ville jugeait le projet infaisable et nous décourageait en nous disant que ça ne fonctionnerait jamais 

Danielle Beeldens

Renforcer les liens sociaux 

Le collectif ‘Autour de Marguerite’ a comme ambition de créer une dynamique conviviale et de renforcer les liens sociaux dans un quartier est fractionné. D’un côté, les habitants sont pour la plupart des expatriés aisés qui travaillent pour les institutions européennes voisines. « Il n’y a pratiquement plus de belges dans le quartier », raconte le mari de Danielle. De l’autre, des jeunes viennent passer la journée dans l’agora. Ils habitent dans des communes avoisinantes, défavorisées comme Saint-Josse. « Ils viennent retrouver leurs groupes d’amis », explique Danielle. 

Pour rassembler davantage, le collectif organise quatre fois par an des fêtes qui attirent 150 personnes du quartier. Les jeunes, eux, n’y sont pas, au grand dam du collectif, qui dans sa charte mentionnent l’envie d’améliorer les échanges entre les habitants du quartier et les utilisateurs du terrain de sport voisin et d’encourager le dialogue interculturel et intergénérationnel. C’est face à ce constat qu’est née l’idée d’un potager.

Chaque samedi, les riverains sont invités à participer aux tâches. Il est dix heures pétantes, le soleil est de sortie, il fait frais, dix degrés au maximum. Le chien qui accompagne Danielle, Castard, un petit bull-dog, porte une doudoune rouge et un collier GPS. Pour lui caresser les poils, il n’y a que sa tête à découvert. Danielle se tient au chaud avec son écharpe rouge. Un léger vent frais lui fait monter des larmes aux yeux, qu’elle ne fait plus l’effort d’essuyer. Elle montre tous les recoins du potager: un coin composte, des pots de tomates qu’elle surnomme « l’empire des tomates », des herbes, des nichoirs pour oiseaux. Un merle vient gratter la terre. « Lui, il mange tous nos vers de terre » Une jeune dame française qui habite dans un des immeubles, demande comment elle peut aider. Danielle l’envoie couper les chardons qui longent l’agora.  

Au programme du jour, planter un abricotier, qui viendra compléter une longue liste d’arbres fruitiers : framboisier, prunelier, cerisier, mûrier, cognassier. Deux jeunes frères kurdes, venus de la Chaussée de Louvain, travaillent pour huit euros de l’heure, payés grâce aux subsides que reçoit le collectif. « Normalement, on ne peut pas les payer mais on le fait quand même », lâche Danielle. Les deux jeunes se donnent à fond et font preuve d’inventivité. Pour déplacer le pot où se trouve l’arbre, ils utilisent une poutre pour le faire coulisser sur l’escalier. « Ils sont formidables » dit Danielle, en les regardant admirativement comme une grand-mère regarderait ses petits-enfants quand ils ont bien réussi à l’école. Elle aurait envie de faire participer plus de jeunes à la vie du potager. Le problème, c’est que deux personnes suffisent pour faire tout le travail. Il n’y a pas tant des tâches à faire que ça.  

Absence dinteractions

Danielle aimerait aussi être davantage en relation avec les jeunes qui traînent dans l’agora et qui font des « petits deals de drogue ».  Récemment, elle a introduit une demande auprès de la fondation Roi Baudoin, qui offre des fonds pour soutenir des projets intergénérationnels et multiculturels pour des jeunes en difficulté en Belgique.

Ce qui les intéresse, c’est de passer au-dessus des grilles, cueillir des fruits et se canarder avec.

Danielle Beeldens

Si la demande est acceptée, cela permettrait la rénovation des bancs, l’éclairage, une verdurisation, l’organisation d’une fête tous public et des démonstrations musicales. Le tout pour répondre davantage aux besoins des jeunes, créer du lien et apaiser l’espace public. Danielle insiste sur l’importance de donner de l’espoir et de la dignité à ces enfants et jeunes issus de milieux défavorisés, qui sont mal vus par les habitants du quartier . « On sent une distance », déplore la retraitée. Parfois des résidents des immeubles l’appellent pour avertir qu’il y a du commerce de drogue dans le potager. Quand l’agora ferme, à 21h, ils viennent à côté du potager. « Ce qui les intéresse, c’est de passer au-dessus des grilles, cueillir des fruits et se canarder avec », se désole Danielle. Elle aimerait, pour contrer ces comportements, lancer des interviews pour demander aux jeunes ce qu’il leur ferait plaisir. « J’ai envie d’être à leur écoute. On pourrait mélanger nos fêtes traditionnelles avec du rap. » Difficile de combler tout le monde mais l’envie y est. Elle propose aussi d’acheter du matériel de sport. Son mari, lui, déplore l’usage massif de gaz hilarant – une drogue récréative hallucinogène qui consiste à inhaler du protoxyde d’azote et provoque des réactions euphorisantes. « On pourrait même organiser un concours de celui qui inhale le plus de gaz hilarant » dit-il ironiquement avec un regard désespéré. 

Au final ils sont fort occupés par le travail et ont des enfants, ils n’ont pas le temps. 

Danielle Beeldens

Un quartier dexpatriés  

Danielle espérait aussi attirer les fonctionnaires européens des immeubles alentours. Comme ils n’ont pas de jardin, elle a pensé que ça leur manquait. Mais « c’était une erreur. Au final ils sont fort occupés par le travail et ont des enfants, ils n’ont pas le temps ». Il y a quand même quelques exceptions. comme Carla, Elena et Maggy, toutes expatriées, qui passent au potager. Carla est Allemande, Elena, Espagnole et Maggy, Anglaise. Elles parlent toutes français, mais chacune a un accent bien spécifique. Carla observe les deux frères planter l’arbre. « Maintenant, vous êtes des hommes, vous savez planter un arbre », dit-elle avec une voix grave et son accent allemand. Les jeunes sourient avec un air gêné.

Une fois l’abricotier enlevé du pot, il faut le placer bien droit dans le trou. Sous le regard attentif de Danielle, les deux frères s’exécutent. Ils rebouchent le trou, aplatissent la terre. C’est plié. Il leur a fallu une heure. « Madame, on a fini », dit le plus petit des deux, avant de ranger ses outils. Danielle leur donne un défraiement de 20 euros. Le petit tend sa main pour recevoir l’argent, mais le grand frère se saisit des deux billets et les glisse dans sa poche. Le petit se plie avec un air désespéré à l’autorité de son grand frère.

Un potager collectif comme celui de Danielle peut-t-il réellement rassembler un quartier aussi divisé de Bruxelles ? Elle veut y croire, mais il semble difficile de rassembler les différentes populations de la deuxième ville la plus cosmopolite au monde.

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Toi aussi tu es perdu pour les élections européennes ?

Mammouth - lun, 08/04/2024 - 15:53
Tu ne sais pas pour qui voter ? Mammouth a décrypté les programmes politiques européens pour toi !

Dans moins de 3 mois, tu vas devoir aller voter ! Pour la première fois, il n’y a pas que les gens de plus de 18 ans qui auront la parole aux élections. Si tu as plus de 16 ans le 9 juin 2024, tu vas devoir aller voter aux élections européennes (mais il n’y aura pas de sanction si tu n’y vas pas). Tu n’y connais rien aux élections européennes ou ce que les partis belges te proposent comme mesures ? Tu es au bon endroit ! Pas de panique, à la fin de cet article, tu y verras plus clair et tu sauras, peut-être même pour qui voter.

QUE SE PASSE-T-IL LE JOUR DES ÉLECTIONS ?

Dans quelques semaines, tu vas recevoir une convocation de vote dans ta boîte aux lettres. Il faudra que tu la prennes le jour de l’élection. Puis, tu vas te rendre dans un bureau de vote. Il se trouve dans ta commune.  Après avoir présenté ta carte d’identité,en Wallonie, tu recevras une grande feuille qui sera ton bulletin de vote. Une fois dans l’isoloir, tu verras les noms de pleins de gens liés à une famille politique. Tu feras ton choix pour l’un d’entre eux. Soit tu décides, comme certains, de voter pour la case de tête, c’est à dire de cocher le 1er nom qui apparaît sur la liste de ta famille politique préférée et cela. Soit tu as un candidat déjà bien précis, en tête, pour lequel tu veux voter et dans ce cas tu coches la case à côté de son nom. Certains décident aussi de voter blanc, donc de ne pas voter. Une fois que tu as fait ton choix, tu sors de l’isoloir et tu remettras ton bulletin de vote à l’un des assesseurs. Ces personnes sont tirées au sort pour venir aider les électeurs le jour du scrutin. À Bruxelles, le vote se fait par voie électronique. Tu ne recevras pas de papier mais la procédure est la même quand tu te trouves dans l’isoloir. 

CE QUE PROPOSENT LES PARTIS

Maintenant que tu visualises un peu mieux ce qui va se passer le jour-j, je te propose de t’expliquer les idées de chaque famille politique sur cinq grands thèmes. On va parler climat, migration, défense, agriculture et numérique.

Le climat / environnement

Pourquoi ce sujet ? Cela semble assez évident que c’est une grosse préoccupation du monde. Quand on voit les catastrophes climatiques, on voit que personne n’est protégé face au climat. Ce sujet est une priorité pour tous les partis. 

Une chose à connaître quand on parle du climat en Europe c’est la notion de Green Deal. Le Green Deal c’est la feuille de route environnementale de l’Union européenne. Le grand objectif de ce deal, c’est la neutralité carbone du continent d’ici 2050. Il y a évidemment d’autres sujets qui sont abordés dans le Green Deal comme la biodiversité, l’agriculture, la déforestation ou encore un plan industriel. Sur base de cet accord, différentes législations européennes ont été adoptées ou modifiées.

La migration 

Pourquoi ce sujet ? Au vu des guerres et des difficultés de vie dans d’autres pays, on parle beaucoup des migrants. Tu en as peut-être comme ami ou dans ta classe. Savoir ce qu’il se passe pour eux pourrait t’intéresser. 

Tout comme pour le climat, il va te falloir une petite explication de ce qu’est Frontex si tu veux comprendre ce qui suit. Frontex est l’agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes. Elle a pour mission de contrôler le flux migratoire vers le territoire européen. L’agence Frontex a été souvent critiquée pour son traitement des migrants.

La défense 

Pourquoi ce sujet ? Tu as certainement entendu parler de la guerre en Ukraine ou en Israël / Palestine. Ces guerres font craindre pour la paix en Europe. C’est pourquoi la plupart des partis parlent de mettre des moyens dans la défense et l’armée. 

Tu commences à avoir l’habitude, il te faut une petite explication sur ce qu’est l’espace Schengen. Tu sais pourquoi tu peux voyager facilement entre les pays européens ? C’est grâce à l’espace Schengen. Oui, cet accord assure une libre circulation (sans se faire contrôler) dans l’Union européenne. 

L’agriculture

Pourquoi ce sujet ? Tu n’as vraiment pas pu manquer la manifestation des tracteurs dans le pays ces dernières semaines. Les agriculteurs sont en colère et réclament des meilleurs revenus. Certains protestent aussi contre les nouvelles normes environnementales. 

Pour bien tout comprendre, je dois t’expliquer ce qu’est la PAC. La PAC ou politique agricole commune régule le secteur agricole dans l’Union européenne. Elle aide financièrement les agriculteurs, sous certaines conditions. En plus, elle intègre une politique de transition écologique.

Le numérique

Pourquoi ce sujet ? Le numérique est partout. Tu l’utilises régulièrement, il faut réguler tout ça. Par exemple, quand tu es sur Instagram ou Tiktok, tu as accepté une politique de données. Alors oui, peu de gens la lisent mais via ça, tu leur accordes un accès à tes données personnelles. Pour que les géants numériques (Meta, Netflix, Apple, …) aient accès à tes données, l’Union européenne essaie de leur imposer une régulation. 

Un dernier pour la route. Le RGPD (le règlement général sur la protection des données) est un règlement qui protège tes droits, en tant qu’utilisateur, au niveau de tes données et de leur utilisation sur le web.

LES ÉLUS BELGES AU PARLEMENT EUROPÉEN 

Aux élections européennes (comme pour les autres élections), tu vas voter pour nos partis belges. Ce qui change avec les élections européennes, c’est qu’au Parlement européen, nos partis sont repris dans des groupes politiques transnationaux. Ces groupes réunissent les différents partis de chaque pays en fonction de leurs intérêts communs. Il y en a 7 en tout. Les principaux partis sont repris dans ces groupes sauf Défi car il n’a pas encore eu de siège au Parlement européen. On t’a préparé un petit visuel pour t’aider à mieux comprendre.

Comme dans les parlements nationaux, le Parlement européen fonctionne aussi avec une majorité. Actuellement, c’est le Parti Populaire Européen qui est le groupe le plus influent, avec 177 sièges sur 705. La majorité au Parlement européen peut élire le ou la présidente de la Commission européenne, l’organe exécutif qui met en œuvre toutes les politiques européennes. Le Parlement européen, lui, est un des organes législatifs (avec le Conseil de l’Union européenne). Il va pouvoir voter pour toutes les nouvelles lois européennes. C’est la seule institution européenne élue par les citoyens.

Te voilà prêt à aller voter en juin! Si tu as plus de 18 ans ou que tu veux en savoir plus sur ce que proposent les partis politiques en Belgique, je te conseille d’aller voir cet article. Il t’explique 5 grandes mesures qui sont dans les programmes des partis politiques pour les élections fédérales. 

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Violences gynécologiques : elles témoignent

Mammouth - ven, 05/04/2024 - 14:19
Althéa, Noëlle et Estelle ont été confrontées à des violences gynécologiques, que ça soit pendant leur accouchement ou lors d’une simple consultation. Aujourd’hui, elles témoignent de leur expérience.

Illustration de Hélène Loffet

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Dis, pour qui je vote le 9 juin ?

Mammouth - jeu, 04/04/2024 - 15:08
Tu es perdu ? Mammouth a décrypté pour toi les programmes politiques pour les élections fédérales

Image : Emilie Da Costa Almeida

Le 9 juin approche à grands pas, amenant avec lui les élections fédérales. Mais pour les jeunes, une question se pose : pour qui voter, surtout quand on vote pour la première fois ? Mammouth a décidé de t’aider, en décryptant les programmes sur 5 sujets qui concernent tous les Belges.

D’abord, quels sont ces partis dont on parle tout le temps ? Tu peux retrouver ci-dessous un petit graphique introductif pour te faire une idée de qui est qui.

Chacun de ces partis a un ensemble de propositions sur 5 des sujets qui intéressent le plus les Belges. Nous avons sélectionné quelques mesures phares pour te permettre d’en apprendre plus. On te rappelle qu’il s’agit de listes non exhaustives, et on t’encourage à lire les programmes complets pour en savoir plus !

Salaires et pouvoir d’achat

Il s’agit du sujet qui préoccupe le plus les Belges actuellement selon les sondages. Un sujet qui va aussi t’impacter bientôt. Les partis sont bien conscients des difficultés que l’on traverse tous actuellement, mais ils ont tous une manière différente de s’y prendre pour nous permettre de gagner plus d’argent. Que ce soit en augmentant le salaire minimum à 17 € brut/heure comme le PS ou le PTB ou alors en permettant de gagner 200€ net de plus par mois, pour ceux qui gagnent moins que les salaires de référence de leur métier. 

Pour ce point, il faut que tu saches faire la différence entre le salaire brut et le salaire net. Le salaire brut est le salaire avant la déduction des précomptes professionnels et des cotisations sociales. Le salaire net est ce qu’il reste ensuite du brut, et donc ce que tu vas recevoir directement sur ton compte en banque.

Environnement

Le changement climatique inquiète beaucoup de monde, surtout les jeunes. Comment agir chez nous pour en limiter ses conséquences ? Les partis s’accordent tous pour dire qu’il faut favoriser l’économie circulaire et végétaliser nos villes, avec de nouveaux arbres et espaces verts.

Il faut aussi prendre en compte le Green Deal, un plan européen pour viser la neutralité carbone de notre continent en 2050. Certains partis, comme le MR, privilégient le nucléaire avec la prolongation de réacteurs en les mêlant aux énergies renouvelables. Tandis que le parti Écolo veut quant à lui fermer les les derniers réacteurs nucléaires pour 2035.

Migration

Des guerres partout dans le monde, les températures qui augmentent, la montée des eaux : beaucoup de raisons qui poussent les gens à quitter leur pays et à rejoindre le nôtre. Comment les accueillir ? Après plusieurs crises migratoires, chaque parti a un avis sur la question.

Pour ce point, il faut que tu saches qu’un pacte européen sur la migration a été annoncé. Pourtant, tous nos partis rejettent certaines mesures de ce pacte. Notamment parce qu’il n’est pas stipulé dans ce pacte qu’il est interdit d’enfermer les enfants dans les centres fermés. Ils souhaitent donc tous faire en sorte que l’enfermement de ces enfants soit interdit en Belgique ! Certains vont même plus loin dans cette mesure comme Les Engagés, qui veulent également interdire l’enfermement des familles avec des mineurs mais aussi des personnes vulnérables.

Sécurité

Te sens-tu en sécurité ? Selon une enquête, de plus en plus de Belges ressentent un sentiment d’insécurité. Les partis l’ont compris, et dans les programmes, on retrouve à chaque fois des propositions concernant la lutte contre le trafic de drogue, la lutte contre le terrorisme et la lutte contre les violences sexuelles ainsi que davantage de financement pour la police. Tous en parlent, mais avec des nuances différentes. Comme par exemple Défi, qui veut ajouter un budget de 100 millions d’euros à la police fédérale ainsi que 35 millions supplémentaires chaque année. Le MR, en plus d’un refinancement, souhaite également réinvestir une partie de l’argent saisi lors des infractions.

Égalité des genres

Depuis 1948, les hommes comme les femmes ont le droit et l’obligation de voter. Mais ce n’est pas pour cette raison que nous vivons dans une société où chaque personne est traitée de manière égale. Tous les partis luttent à leur manière pour l’égalité des genres. Ils veulent d’ailleurs tous atteindre l’égalité salariale. Les partis s’expriment également sur l’avortement : Les Engagés, MR et Écolo veulent mettre le droit à l’avortement dans la Constitution en plus de le dépénaliser tandis que le PS, Défi et PTB souhaitent seulement le dépénaliser.

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Taxer le patrimoine des riches : réaliste ou populiste ?

Mammouth - lun, 01/04/2024 - 14:53
Les élections approchent à grands pas. Dans le viseur de certains partis politiques, les grandes fortunes du pays.

Photo : Unsplash

Faut-il taxer les grandes fortunes en Belgique ? La question anime depuis longtemps la classe politique belge. A l’approche des élections, le PTB, grand promoteur de la « taxe des millionnaires », a fait une annonce surprenante. Le parti d’extrême-gauche ne veut plus taxer les patrimoines qu’à partir de 5 millions d’euros. Le PS, lui, veut taxer les riches dès le premier million.

Débat populiste ? C’est ce que semblent penser le MR, mais aussi des économistes qui ne jugent pas réaliste de taxer les patrimoines en Belgique alors que peu d’autres pays appliquent ce genre de fiscalité.

Dans ce podcast, nous explorons toutes les implications d’une possible taxation des patrimoines, en donnant la parole aux responsables politiques mais aussi à des citoyens.

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Voter blanc: le Parti Blanco divise 

Mammouth - dim, 31/03/2024 - 22:36

À l’approche des élections, un nouveau parti nommé Blanco, ouvre ses portes. Au vu de la montée de l’abstention de vote et de l’absentéisme dans notre pays, les fondateurs du parti veulent représenter à la Chambre cette tranche de la population désintéressée de la politique. À ce propos, les avis divergent et différents partis déjà existant ont réagi. 

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Pourquoi les prêtres ne dansent-ils pas ?

Mammouth - sam, 30/03/2024 - 18:08
T’est-il déjà arrivé de danser dans une église ? Ou de voir un prêtre danser ? Ça parait étrange non ? 
Pourtant dans d’autres religions, qu’elles soient du passé ou du présent, la danse fait partie intégrante de rituels religieux. 
Mais alors, pourquoi les prêtres ne dansent-ils pas ? 

Illustration par Luna Van den Hauwe

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Vers une génération anti-tabac ?

Mammouth - ven, 29/03/2024 - 20:37
Retour sur notre rapport à la cigarette au fil des générations 

Crédits: Julia Engel

Le ministre de la santé publique veut faire naître une génération sans tabac. Un tel projet en aurait surpris plus d’un il y a quelques décennies. Retour sur le rapport de notre société à la cigarette au fil des générations.

Ce jeudi 21 mars 2024, le ministre de la santé Frank Vandenbroucke a fait passer à la Chambre des représentants son projet de loi anti-tabac. Ce projet de loi fait partie d’une stratégie étalée de 2022 à 2028 qui vise à protéger les mineurs du tabagisme passif et même à créer les conditions d’une « génération anti-tabac ».

Dès le 1er janvier 2025, il sera interdit de fumer dans divers lieux extérieurs comme les entrées et sorties des établissements de santé, d’accueil et d’enseignement. Cela concerne, entre autres, les hôpitaux, les écoles primaires, secondaires, les universités et les hautes écoles.

L’objectif est simple : diminuer la mauvaise influence du tabac sur la santé des Belges en aidant la population à arrêter de fumer ou plus simplement à ne jamais commencer. Cette étape est la dernière d’un long chemin historique. Car notre société n’a pas été toujours anti-tabac, loin de là. Retour sur notre rapport à la cigarette au fil des générations. 

Un podcast réalisé par Martin Schafer et Uma Kaiser

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Bigh : cultiver l’espoir d’une économie locale

Mammouth - jeu, 21/03/2024 - 16:55
Une ferme aquaponique sur les toits d’Anderlecht



Des fermes qui pratiquent l’aquaponie, il y en a peu. Des fermes comme celle de Bigh, il n’y en a qu’une. Sur les toits de l’ancien abattoir d’Anderlecht, ce sont des serres, des potagers ainsi qu’une pisciculture qui représentent la perspective d’une économie circulaire. Derrière ces installations imposantes, une équipe n’a pas peur de se salir les mains pour faire vivre l’agriculture urbaine.

Rien ne prédestinait les toits de l’ancien abattoir d’Anderlecht à accueillir des truites saumonées. D’ailleurs, peu de toits sont promis à un tel destin. 

Mais l’architecte Steven Beckers devait en choisir un, alors il a choisi celui-ci. Quel autre endroit que l’ancien site du marché aux bestiaux, en reconversion dans l’événementiel depuis 2009, aurait pu soutenir un tel projet ? Ce n’est pas dans ce lieu, qui a hébergé le salon de l’érotisme dans ses caves en 2022, qu’on allait prendre Steven pour un fou. Enfin, lui et son projet d’agriculture avec une économie circulaire. Avec sa superficie de 10 000m2, la ferme de Bigh n’est pourtant pas si évidente à trouver. La raison ? On oublie trop souvent de lever les yeux. 

L’installation se trouve au-dessus du Foodmet, où l’on retrouve de la restauration à petits prix. Entre les toilettes à 0,50 € sur la gauche et une salle de conférence desséchée sur la droite, le logo de la ferme, dont les poissons rappellent un peu le Pac-Man, se découpe sur un ciel gris. 

Les gouttelettes de pluie qui cognent doucement la vitre ne semblent pas déconcentrer Déborah Lozano. Elle n’a pas beaucoup de temps, ils ne sont que 9 employés à travailler sur le site, alors elle veut que ça aille vite. 

« Il y a quand même cette peur que nos activités attirent l’attention des investisseurs », débite-t-elle. Le risque pour la population locale ? L’augmentation du coût de la vie dans le quartier. À Cureghem, la majorité des 122.000 habitants est en situation de précarité. Les bureaux de Bigh se trouvent dans des sortes de containers industriels aménagés, que l’on doit au système « cradle-to-cradle », concept que Steven adore. C’est-à-dire que, dans la mesure du possible, on réutilise le matériel déjà existant. En architecte prévoyant, Steven avait déjà pensé au recyclage de son site avant même sa construction. Si un jour il faut quitter les lieux, la ferme est presque entièrement démontable. Il suffira de la remonter ailleurs. Juste au cas où. 

Building Integrated Green House

« Tu veux un café ? » demande-t-elle en s’asseyant à son bureau. Chargée de la communication et de l’événementiel, Déborah se voyait pourtant dans la politique. C’est vrai qu’elle s’exprime bien : pas un mot de travers, elle sait mener une conversation. Elle a l’habitude de parler en public. Pour filer un coup de main à une connaissance, elle a déjà posé pour faire la pub d’une cannette de bière. Les caméras, ça la connait. Cela fera bientôt 2 ans qu’elle est tombée sur l’offre d’emploi de la ferme, par hasard. Tournant en rond comme un poisson rouge dans son bocal, elle a foncé. C’était après la période Covid. « Comme beaucoup, je cherchais à donner du sens à mon travail ». Est-ce qu’elle l’a trouvé aujourd’hui ? Elle ne le précise pas. En tout cas, à l’époque, elle était un peu mal à l’aise devant les gros logos de Bigh, le raccourci de Building Integrated Green House, qui donnait à la ferme des airs de startup poussée sur le profit. Le comble. 

« Bon, tu veux que je te ré explique vite fait le principe de l’aquaponie ? ». Décidément, elle est trop forte, Déborah. L’aquaponie, c’est pour « hydroponie », la culture de végétaux en dehors du sol et « aquaculture », l’élevage de poissons ou d’autres organismes aquatiques. Les poneys sont bel et bien restés à l’écurie. Mieux. L’aquaponie, c’est des poissons qui, de par leurs excréments, recyclent l’eau des plantes et produisent de l’engrais naturel. En deux mots : cycle-court. Encore deux : hors-sol. Parce que oui, grâce à ce système, pas besoin de champs mais « juste » de bassins, de petites bestioles à écailles, de serres et de filtres dernier cri. Des installations qui, selon une enquête de Tchak menée en 2022, auraient tout de même creusé un trou de 3,5 millions d’euros de dette dans les caisses de Bigh.

Mais revenons-en à nos poissons. Il ne fait aucun doute que des spécialistes s’arrachent les cheveux de frustration en se désolant de celles et ceux qui osent résumer l’aquaponie en moins de 5 pages. Ah, ceux-là n’ont jamais posé un orteil à la faculté d’Agro-Bio Tech de Gembloux. Mais soyez-en assurés, c’est aussi simple que cela. Même que c’est Déborah qui l’a dit. 

L’aquaponie pour les nuls

Si les toits, de l’extérieur, paraissent gris et vides, l’intérieur des serres est lumineux. Et immense, surtout. Il fait bon, la ventilation fonctionne bien, on aurait presque envie de s’y poser, un verre à la main. Les nouvelles enceintes Bluetooth n’ont visiblement pas trouvé l’adresse, parce que c’est une vieille radio Sony MP3 qui nous accueille, attachée dans un coin, toisant les arrivants. Si une pancarte écrivait « je hais la technologie », ce serait tout pareil. Sans doute une autre victime de Steven, qui ne jette jamais rien. 

 C’est sûr que ce ne sont pas les herbes aromatiques qui suffiraient à nourrir toute la population d’Anderlecht.

Déborah Lozano

Persil frisé, thym, sauge, basilic, basilic pourpre, pistou et thai en passant par la coriandre jusqu’au persil plat, l’aneth et l’origan, les herbes aromatiques s’étendent en tout sur 2 000 m2, dans une explosion de différentes teintes de vert. Des tuyaux blancs sont reliés aux tables sur lesquelles reposent les pots afin de faire circuler l’eau. Le principe est simple : grâce à un filtre en tambour, l’eau des poissons qui se trouvent à l’étage du dessous est propulsée jusqu’aux serres en passant par des filtres qui transformeront l’ammoniaque en nitrates. Trop facile.

Plantée par les Aztèques, cette idée trouve ses racines quelque part au Mexique. Ces derniers, ayant remarqué que les eaux du lac rendaient la terre plus fertile, avaient construit des radeaux de terre, de roseaux et de joncs appelés chinampas pour y faire pousser des céréales. « En Asie, aussi, » complète Déborah. « Des mécanismes de la sorte étaient utilisés dans les rizières ». C’est dans les années 60 que le concept ressurgit en Europe, pour finir par fleurir sous forme de tomate-cerise quelque part, dans les airs de Bruxelles, en 2015. 

« On tient le coup grâce à la réputation de Steven, qui connaissait déjà plein d’investisseurs intéressés par ce genre de projets. Mais tous n’ont pas cette chance. On a beau les attendre, les subsides ne viennent pas »

Déborah Lozano

« A ton avis, combien de temps tiendrait Paris sans importation alimentaire extérieure ? » demande-t-elle, le sourcil droit arqué au-dessus d’un œil rieur. Que répondre ? Un jour ? Peut-être deux ? 

« 30 minutes ». Dehors, des corbeaux croassent. La pluie s’est calmée, alors les oiseaux profitent de l’accalmie. 30 minutes, c’est le résultat d’une étude menée par les Nations unies en 2022 sur la production urbaine dans les villes de Paris et de Lille. Selon le même article, 70 % de la population mondiale devrait résider en zone urbaine d’ici 2050. 

« Est-ce que l’agriculture urbaine m’aide à prendre confiance en l’avenir ? Tu veux dire, au niveau environnemental ? » Elle hésite un instant. Inspire profondément. Cette fois, elle doit réfléchir à sa réponse. L’angoisse climatique, ça la connaît. Elle n’a pas encore 30 ans et elle a grandi ici, à Anderlecht, avec la perspective d’un futur perdu d’avance. Un futur pourri par les générations précédentes, une planète plus bonne à rien. En fait, peut-être qu’elle ne connaît que ça, l’angoisse. Et puis, si la société venait à connaître une crise alimentaire sérieuse, elle ne sait pas si ce serait surmontable. « Je ne crois pas que ce que nous proposons puisse remplacer l’agriculture traditionnelle, mais certaines alternatives fonctionnent ». Son optimisme est au compte-goutte. « C’est sûr que ce ne sont pas les herbes aromatiques qui suffiraient à nourrir toute la population d’Anderlecht ». Son rire est amer. D’ailleurs, la production d’aubergine va être stoppée, car pas assez rentable. L’avenir des tomates-cerises, quant à lui, est incertain. C’est clair, pas de quoi remplir son frigo. En sortant de la serre, Déborah a retrouvé un peu de positivité. À une certaine échelle, oui, la ferme l’aide à avoir confiance. Avec modération, bien sûr. Oui, c’est vrai, la faim dans le monde existe toujours. Mais au moins, la ferme aérienne permet de soutenir l’économie locale. Enfin, officiellement, en tout cas. 

Les politiques ne répondent pas

« On voit bien qu’il y a un certain engouement envers l’agriculture urbaine. De plus en plus de personnes s’y intéressent. Des jeunes, surtout. Mais pas que. » Récemment, le ministère de l’Agriculture du Québec est venu visiter le site. Avant lui, le maire d’Ankara. Fabrice Cumps (PS), le bourgmestre d’Anderlecht s’est lui, fait désirer. Il est venu plus tard, en 2022. « En fait, le problème, c’est que les politiques ne suivent pas ». Si la ferme anderlechtoise réussit à attirer les investisseurs et par-là, à maintenir son activité, les zones urbaines ne sont pas épargnées par la réalité économique du secteur agricole. Déborah est formelle. Si Bigh ne dépendait que des subsides de l’État, les serres auraient fait leurs valises depuis longtemps. « On tient le coup grâce à la réputation de Steven, qui connaissait déjà plein d’investisseurs intéressés par ce genre de projets. Mais tous n’ont pas cette chance. On a beau les attendre, les subsides ne viennent pas ». Au final, c’est le privé qui paye Bigh. Pas les subsides de l’État. Steven Beckers, muni de son expérience d’architecte et d’un réseau solide, réussit au moins un tour de passe-passe : un concept vendeur, qui a attiré Veolia. La multinationale française spécialisée dans la gestion et l’assainissement de l’eau finance aujourd’hui la ferme.

Autre difficulté, l’agriculture urbaine ne fait pas partie de la PAC (pacte agricole commun), la rendant donc dépendante des zones rurales. Pour pallier le manque de revenus public, les petites entreprises dépendent parfois d’investisseurs plus conséquents. Comme ceux-ci n’ont pas toujours la même éthique, il faut chercher des alternatives ailleurs afin de trouver des revenus. L’une d’elles, portée par Déborah, serait l’événementiel. « Nous sommes de plus en plus rentables, mais les prix ne cessent d’augmenter en même temps. C’est un cercle sans fin. On a besoin de l’événementiel pour être stables financièrement. » 

Après avoir descendu une volée d’escaliers métalliques et traversé un couloir longeant des pousses de tomates, Déborah s’arrête dans un sas. Elle enfile des chaussettes en plastique par-dessus ses chaussures. C’est la règle, si l’on veut pénétrer dans la pisciculture. « Ceux qui travaillent ici ne voudront peut-être pas être pris en photo », prévient-elle. Mais lorsque nous pénétrons dans l’imposante salle aux poissons, la pièce est déserte. Elle s’arrête devant l’un des hauts bassins cylindriques qui lui arrive à l’épaule et tire une petite échelle contre la paroi. Après l’avoir enjambée, elle sourit en passant sa main au bord de l’eau noire. Celle-ci frétille. « Les truites saumonées, c’est des coriaces. Si on ne respecte pas suffisamment leur bien-être, elles risquent de se bouffer entre-elles ». Aussi surnommées truites arc-en-ciel, ces dernières sont environ 60 kg par bassin de 10m2. La voix de Bigh et le visage des cannettes de bière est dans son élément. Son père aussi vendait des poissons, mais lui, c’était du saumon et le saumon, ça consomme beaucoup plus que les truites. Est-ce qu’elle a atterri dans ce milieu par coïncidence ? La jeune femme estime que non. 

Malgré tous les efforts fournis par Steven pour imaginer un circuit court et autosuffisant, les truites saumonées sont importées. Elles viennent de France. Pour les élever directement à Anderlecht, il faudrait beaucoup plus de place. Prochainement, Déborah espère être en mesure de les faire venir d’une nouvelle ferme de Lille. Ces poissons cannibales resteront 9 mois en tout dans la capitale avant d’être, à leur tour, vendus pour consommation. « Le site pourrait accueillir maximum vingt tonnes de poissons par an. Mais en 2023, on a rempli seulement 10,5 tonnes. On n’avait pas besoin de faire plus ». Bon, au vu de la dette qui pèse sur Bigh comme une épée de Damoclès, le doute est permis. Finalement, peut-être que les poissons ne sont pas ce qu’il y a de plus rentable. Dans les bassins, on peine à distinguer les bandits aux excréments miraculeux tant il fait sombre. C’est le mouvement de l’eau qui les trahit : pour réduire leur gras et ainsi éviter un goût dît de « vase », des courants artificiels sont ajoutés dans les bassins. Ah oui, et pour leur bien-être aussi. Enfin, surtout. 

Une démarche sociale ?

Si tout semble entretenu sur le site, les travailleurs et travailleuses ne sont pas en vue aujourd’hui. On soupçonne la vie, mais elle se cache bien. L’équipe a certes augmenté avec les années, mais Bigh ne peut pas se permettre d’employer plus de personnel pour l’instant. Pour ça, et également pour ne pas privatiser le site. Enfin, surtout. C’est dans cette optique que la ferme fait appel à des entreprises extérieures pour se procurer des travailleurs, comme par exemple le CIP (convention d’immersion professionnelle) qui envoie des stagiaires, rémunérés ou non, ou encore Activa First, qui aide des jeunes sans diplômes à trouver des emplois. « Pour les jardins externes, on travaille surtout avec l’atelier Groot Eiland Brussels, depuis 2019 ou 2020, je ne sais plus trop. » Une organisation qui propose son aide aux éloignés du marché du travail, comme des exilés, des personnes sans-papiers, des personnes atteintes de maladies mentales ou simplement, ceux qui veulent changer leur quotidien. La ferme se veut apolitique, et ça tombe bien, parce qu’on ne saurait pas trop où la placer. Est-ce qu’elle se préoccupe du local en créant du travail ? Est-ce qu’elle profite d’une main d’œuvre à peine rémunérée en basant son économie sur des stagiaires pour lesquels il ne faut pas cotiser ? Sans doute un peu des deux. Une démarche sociale, oui. Mais sans chercher trop loin.

Ces légumes, herbes et truites anderlechtois ne seront pas vendus sur le marché des abattoirs, mais plutôt à des marchands qui achèteront les produits en grande quantité. « Ce qui est vendu sur le marché est souvent a un prix dérisoire », rappelle Déborah. Les petites tomates du Delhaize ont beau coûter 1,5 € pour 250 g, elles viennent du Maroc (attention, certifiées bio). Quand à celles du Carrefour 1,69 € pour le même poids, celles-là viennent d’Espagne. 

Chez Bigh, ça fera 3,65 € pour 125 g de petites tomates. C’est sûr, c’est le local qui produit, mais pas les habitants du quartier qui achètent. 

Après tout, « le local a un coût ». Les ambitions de Steven aussi.

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Maraîchage bobo ou logements sociaux ?

Mammouth - ven, 15/03/2024 - 12:30
Au Champ des Cailles, l’agriculture urbaine n’a pas que des partisans.

Photos : Camille Remacle (CC BY NC SA)

La coopérative agricole du Chant des Cailles est un bel exemple d’agriculture urbaine. Elle est implantée depuis bientôt douze ans sur le terrain du Champ des Cailles, appartenant à la société de logements sociaux “Le Logis-Floréal”. Cette initiative pose néanmoins question : faut-il privilégier une ferme urbaine au détriment de la construction de logements sociaux supplémentaires ?  

Le Champ des Cailles, c’est 1,5 hectare d’oxygène niché au sud de Bruxelles, à Watermael-Boisfort. À l’entrée du champ, trois poules leghorn nous accueilles. Ce ne sont pas les seules âmes présentent sur le terrain en cette deuxième matinée de mars. Le chantier mensuel du maraîchage collectif ne commence que dans une demi-heure, mais Greta est déjà là. Bien emmitouflée, elle est assise sur un banc en palette et profite des rayons du soleil. “Je m’étais inscrite pour venir au chantier cette après-midi mais j’ai vu qu’il allait pleuvoir après 13 heures, alors je suis venue ce matin. ” Greta est rejointe par Anne, qui s’assied sur un banc adjacent. Les deux femmes discutent des récentes manifestations agricoles qui ont eu lieu à Bruxelles. Et même si un fermier a épandu du lisier devant la porte de Greta lundi dernier, elle leur apporte son soutien “Ce n’est vraiment pas un métier facile… Mais heureusement qu’il a bien plu cette semaine, ça a déjà pas mal nettoyé mon trottoir ! ” La pluie, celle qui rend le travaille compliqué, mais qui irrigue les champs, celle qui mine le moral, mais qui nettoie le lisier du trottoir de Greta. C’est aussi cette satanée pluie qui rend le sol du champ peu praticable. Mais les bénévoles n’en ont que faire, ce n’est pas un peu de gadoue qui entamera leur moral. Chaussés de leurs plus belles bottes, ils affrontent les allées boueuses sans sourciller. L’heure de leur rendez-vous mensuel approche et les bénévoles se font de plus en plus nombreux. Ils sont bientôt rejoints par Caroline, la maraîchère. Semblable à une championne de cyclo-cross, elle affronte le sol boueux sur la selle de son vélo sans trop de difficultés.

Tout le monde se rassemble près du container. Avant de se répartir les tâches, Caroline demande aux bénévoles présents s’ils veulent bien signer le cadeau acheté pour Martin, un casque de soudure. Martin a travaillé dans la coopérative pendant des années et ce soir, c’est son pot de départ. Au programme : pizza cuites au feu de bois dans le four à pain mobile et soirée dans le bar du quartier. Les bénévoles signent tour à tour le casque avec un marqueur blanc. Parmi eux, Magdalena rigole des longues déclarations écrites par certains. Magdalena, ce n’est pas une bénévole comme les autres. Il y a une dizaine d’années, c’est elle qui a proposé l’idée d’implanter une ferme urbaine sur le terrain inoccupé du Logis. “Ici, certains sont vus comme les grandes figures du champ, mais moi je suis plus une grande gueule qu’une grande figure” nous confie Magda. 

Avoir une grande gueule ne suffit pas pour lancer un projet aussi ambitieux. Il faut aussi savoir bien s’entourer, constate Magdalena : “Quand j’ai proposé l’idée, j’ai vu les yeux des gens autour de moi scintiller. C’est là que j’ai su qu’on pouvait construire quelque chose. ” C’est avec l’aide de l’ASBL de la ferme “Le Début des Haricots” que le projet de l’ASBL “Le Chant des Cailles” est né en 2012. Les années passent et le projet prend de plus en plus d’ampleur. La première année, ce sont 3 brebis, une plantation de patates et quelques aromatiques qui prennent place sur le terrain. Une dizaine d’années plus tard, de nouvelles activités ont émergé et se sont éparpillées dans divers endroits. C’est au champ des cailles se trouvent la plupart des projets : le maraîchage, les jardins collectifs, les herbes aromatiques et les fleurs à couper. 600 mètres plus loin, sur une petite parcelle, nommée les Terrasses de Maurice, se trouvent un poulailler collectif, un petit jardin de quartier et un compost. Il y a également une épicerie participative sur la Place Joseph Wauters. Ces trois lieux sont prêtés à l’ASBL du “Chant des Cailles” par la société des logements sociaux “Le Logis-Floréal”. Quant à la bergerie “Le Bercail”, elle s’est implantée sur le terrain privé des Religieuses du Couvent Sainte-Anne. Une fromagerie a aussi vu le jour dans ce vieux verger où paissent les brebis. Toutes ces initiatives dressent un portrait enchanteur du Chant des Cailles, mais tout le monde ne semble pas si enthousiaste. Nombreux sont les détracteurs de la ferme urbaine.

“On nous voit toujours comme les méchants bobos qui empêchent la population de se loger correctement.”

Une bénévole du Chant des Cailles Mauvaises herbes et logements sociaux

Pour certains, la ferme du Chant des Cailles est vue comme une mauvaise herbe à déraciner car elle empêcherait la construction de nouveaux logements sociaux. À Bruxelles, pas moins de 52 000 ménages qui sont en attente de l’attribution d’un logement social. Maintenir l’activité agricole sur le champ des cailles, c’est privilégier une partie de la population plus aisée que celle qui patiente sur la liste d’attente pour bénéficier d’un logement social, selon l’Observatoire Belge des Inégalités. Une réflexion qui irrite les adeptes de l’agriculture urbaine. “On nous voit toujours comme les méchants bobos qui empêchent la population de se loger correctement […] ces gens-là ne nous connaissent pas, je suis moi-même bénéficiaire d’un logement social ! ” commente l’une des bénévoles, occupée à gratter une grande bâche noire. Une autre bénévole regarde au loin et ajoute “J’ai retrouvé des photos du quartier datant des années 60. On voit que chacune des maisons possède son propre potager. Avant les gens cultivaient parce qu’ils n’avaient pas le choix, il fallait bien qu’ils mangent. Ici, c’est ce qu’on fait, on réapprend aux gens à manger”. La première bâche est enfin propre, Manu et sa nièce Lucie déroule une deuxième bâche, encore plus sale que la première, sur la table. Les bénévoles redoublent d’efforts pour gratter les mottes de terre et d’herbe. Certaines sont là depuis tellement longtemps qu’elles ont pris racine dans les fibres de la bâche. Lorsque l’on évoque la pénurie de logements sociaux, une bénévole y oppose la problématique des logements vides “Dans la cité, il y a des dizaines de logements vides, alors pourquoi ne pas les remplir avant de construire de nouveaux bâtiments ? ” En avril 2023, il y avait 4 833 logements sociaux vides en région bruxelloise, faute de rénovations.

Quand la SLRB ramène sa fraise

Dans la petite serre située à proximité de l’atelier nettoyage de bâche, Greta et deux bénévoles mettent des fraisiers en pots. “Pas n’importe quelles fraises, des Cijosées ! ” s’esclaffe sa collègue de rempotage. Les vestes tombent, il commence à faire chaud dans la serre. Derrière la petite serre, on peut apercevoir quatre buildings blancs, composés de 15 containers empilés les uns sur les autres. Une architecture qui tranche avec les petites maisonnettes classées de la cité-jardin. Ces tours, elles sont sorties de terre en 2023. Elles ont été construites pour fournir un logement d’urgence à des familles ukrainiennes fuyant la guerre. Ces constructions occupent 25 % du terrain de la ferme, espace qui était auparavant utilisé pour le pâturage des brebis. Depuis une dizaine d’années, les discussions concernant l’avenir de la parcelle se multiplient entre les différents acteurs : L’ASBL du Chant des Cailles, la commune de Watermael-Boisfort, la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale (SLRB) et Le Logis-Floréal. 

“ Ici, on réapprend aux gens à manger.” Une bénévole du Chant des Cailles

Le terrain du champ des cailles a été cédé par la ville de Bruxelles à la société de logements sociaux le Logis en 1964 (depuis 2018, les sociétés « Le Logis » et « Le Floréal » ont fusionné, formant ainsi « Le Logis-Floréal »). L’ensemble du terrain devait servir à la construction de 114 logements sociaux. Faute de budget, ce projet ne verra jamais le jour. C’est 50 ans après, en 2013, que le gouvernement régional PS-Ecolo validera un projet de construction de 70 logements. C’était sans compter les habitués du champ, mécontents que l’on ampute un tiers de la surface de leur ferme sans leur demander leur avis. Ecolo changera d’avis peu de temps après, soutenant le projet d’agriculture urbaine, soulignant son rôle important dans la cohésion sociale du quartier. Le dénouement de cette histoire à rebondissements arrivera le premier janvier 2023, avec la signature d’un contrat de 10 ans entre « Le Logis-Floréal » et l’ASBL du « Chant des Cailles ». En acceptant de céder un quart du champ pour la construction de logements sociaux, l’ASBL obtient une concession de services “agriculture en milieu urbain et cohésion sociale” sur le reste du terrain.

Trop peu de locataires pour retourner la terre 

L’argument d’une ferme actrice de cohésion sociale est souvent remis en question lorsque l’on pointe le faible pourcentage des locataires sociaux abonnés au maraîchage collectif. Il y a seulement 17 % de membres qui habitent un logement social, trop peu pour l’Observatoire Belge des Inégalités. Une constatation amère, partagée par les membres de la ferme. Pourtant, la coopérative a mis en place des mesures pour faciliter l’adhésion à la ferme : les locataires sociaux sont prioritaires pour s’abonner à maraîchage collectif, il y a la possibilité de payer un prix minimum en fonction de ses revenus… “C’est vrai que l’on retrouve souvent le même type de personne, des très jeunes ou des très vieux, admets Magda, c’est parce que c’est une activité qui prend du temps et ce sont les deux tranches d’âge où on en a le plus !”. Il semblerait qu’ici les légumes soient plus variés que le milieu socio-économique des jardiniers. C’est une physicienne qui récolte des poireaux alors qu’une professeure retraitée désherbe le bourbier d’hiver et qu’un ingénieur informaticien reconverti dans le maraîchage cueille les dernières feuilles de mâche.

Il est treize heures, l’heure de la pause de midi. Une partie des bénévoles rentrent chez eux. Lucie, Ulrich, Caroline, Magdalena et Mathias restent au champ pour casser la croûte avant d’entamer la deuxième partie de la journée. Assis sur le mobilier en palette, ils débattent pour savoir qui est le meilleur chocolatier entre Marcolini et Laurent Gerbaud. Gerbaud l’emporte, au grand dam d’Ulrich qui ne semble pas apprécier les pralines apportées par Caroline. Lucie ne mange pas, elle n’a pas faim, Ulrich insiste pour lui donner un part de quiche au saumon. Lucie finira par céder, tandis que Caroline partage le pain fait par son mari. Après une petite demi-heure de pause et de discussions houleuses, le groupe se prépare à se remettre au travail. Le vent se lève et le ciel se couvre. Greta avait raison, il va pleuvoir.

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4 ans après l’arrivée du virus, qui sont ceux que l’on appelle covid long ? 

Mammouth - ven, 15/03/2024 - 11:11

 crédit photo : @Long covid Belgium

« Covid long nous existons Belgique« , derrière le nom d’un groupe Facebook se cache une désillusion. Celle d’une prise en charge défectueuse par le corps médical, couplée à un trajet de soin inadaptéSes membres s’appellent Léo, Candice ou Fanny et leurs vies ont basculés depuis une infection au covid-19 dont ils ne se sont jamais remis.

« Mon médecin ne comprend pas et ne me donne pas d’explications ». Le témoignage de Fanny reflète la réalité de nombreuses personnes atteintes d’un covid long. Lorsque l’on tombe malade, un réflexe naturel est d’aller chez le médecin. Un problème émerge lorsque celui-ci ne sait pas de quoi vous souffrez. Si le manque d’information et de compréhension s’approfondit, un second réflexe est de changer de médecin. Et si ce dernier ne sait pas non plus, on change encore et encore, jusqu’à trouver celui qui écoutera, et qui saura. Cette recherche constante, c’est l’errance médicale. « J’ai vu comme tout le monde 36 000 spécialistes de covid long ou autres », lance ironiquement Léo. Même constat chez Candice. « Je continue encore aujourd’hui à me rendre à de multiples rendez-vous médicaux qui souvent ne mènent pas à grand-chose. Les différents médecins se renvoient souvent la balle, sans pour autant trouver quoi que ce soit ». 
 
Le corps médical se révèle souvent impuissant face à ces malades, confirme le docteur Marc Jamoulle. « Le problème, c’est qu’avec le COVID, ce qu’on pense, c’est un peu tout et n’importe quoi puisque le patient présente un ensemble de symptômes qui ne rentrent pas dans la connaissance habituelle », explique ce médecin traitant de Charleroi, en ajoutant que « l’association des symptômes de long covid pour un médecin, au départ, ne fait pas sens ».  L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a recensé, en 2022, plus de 200 symptômes post-covid. Autant dire que ça peut être tout et rien en même temps. Dans un souci de clarté, l’organisation onusienne a essayé de regrouper les 19 symptômes les plus communs : la fatigue, les difficultés respiratoires, les problèmes de mémoires et de concentration, des douleurs musculaires, etc. Mais le covid long reste encore relativement nouveau. Et développer une meilleure compréhension de la maladie et la recherche de traitements nécessite du temps. 

Burn-out et stress comme premier diagnostic 
 
Le constat est clair : les médecins sont démunis vis-à-vis du covid long. Face à un manque de connaissances, certains se limitent à parler de « stress » ou de « burn-out ». « C’est psychologique », entendent parfois les patients. Fanny en a fait les frais. « Les kinés me disent que ces malaises sont dus au stress et que je devrais le savoir depuis longtemps vu que je suis psychologue ». 

Du côté de Sophie, le constat est encore plus douloureux. Elle a fait face à quelques médecins qui ne croyaient pas au covid long. « Le pire, ce sont des médecins ou des paramédicaux qui refusent de nous soigner en disant qu’ils n’y connaissent rien ou que ça n’existe pas » confie-t-elle. Pourtant, elle a subi une pneumonie avec épanchement pleural (accumulation de liquide sur les poumons) et les séquelles sont avérées par des examens médicaux. « On n’arrive pas trop bien à comprendre ce qu’il se passe et pourquoi mes poumons sont dans cet état-là. Une chose est sûre, c’est que les dégâts sont faits ».
 
En attendant une prise en charge et une évolution positive, les malades prennent sur eux et adaptent leur vie à cet état invalidant. Sophie, kinésithérapeute pédiatrique, doit « travailler au sol, car je ne sais plus travailler debout ». Elle a également dû diminuer son temps de travail. Léo, quant à lui, a carrément arrêté le travail. « Je ne travaille plus depuis août 2022 », dit-il. Depuis un an et demi en somme. Il enchaine les certificats médicaux et arrive bientôt à la fin de son quota de congé maladie prit en charge par sa mutuelle. 
 
« Je suis au moins à 6 à 7000 euros de frais »
 
Cette errance médicale des malades du covid long un aussi un coût financier. Il faut en effet payer tous ces médecins consultés. Si la plupart des malades ont puisé dans leurs jours de maladie comme Léo, d’autres ont quittés leur boulot ou ont pris un mi-temps. Selon une étude menée par l’ASBL covid long Belgique auprès de 700 malades, 17 % des patients ont fait l’objet d’un licenciement, et 6% sont menacés de perdre leur emploi. 
 
Le gouvernement fédéral a décidé en juillet 2022 d’ouvrir un trajet de soin pluridisciplinaire pour aider financièrement les malades. La mesure a été accueillie positivement, mais ces derniers ont vite déchanté. En effet, pour bénéficier du trajet de soin, il faut que le médecin traitant ouvre un dossier « covid long ». A priori, rien de compliqué. Mais l’INAMI dressait un triste constat en décembre 2023 : « Le plus frappant est le fait que la plupart des dispensateurs de soins ignoraient tout du trajet de soins », rapporte-t-elle. Sur 1.032 dossiers ouverts, seuls 90 ont abouti. Une fois la procédure entamée, les malades bénéficient d’une liste de praticiens censés les aider. On y retrouve les psychologues, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, logopèdes, neuropsychologues, … Par exemple, au lieu de 18 séances de kiné remboursées par an, les personnes atteintes de covid long en disposent de 60. Sur papier, le trajet de soin proposé est adapté. La réalité est tout autre. Entre bataille avec la mutuelle, des codes à entrer par le personnel médical ne fonctionnant pas ou le refus de ce dernier de les utiliser, le trajet de soin n’est plus une aide, mais devient une corvée.

« Quelle déception ! Ce trajet de soins ne correspond pas à la réalité de nos galères, de la longueur de la maladie, des errances médicales, des difficultés de trouver des soignants, des rendez-vous, des pistes… » 

Margaux

Faute de remboursement par la sécurité sociale, certains décident d’y mettre de leur poche. « Pour ne pas mentir, je suis au moins à 6 à 7000 euros de frais en comptant les consultations et les médicaments », confie Léo. Dans la famille de Sophie, la chance manque. Là où 35% des personnes ayant eu le covid ont contracté un covid long, chez elle, tous sont touchés. Elle, son mari et sa cadette. Malgré un état de santé précaire, « mon mari doit quand même continuer à travailler, il est mort crevé, au bout de sa vie, mais on doit le faire financièrement ». La santé passe au second plan. 

Le trajet de soin, prévu pour 6 mois (renouvelable une fois) ne tient pas compte du temps d’attente pour obtenir des rendez-vous chez des praticiens spécialisés. « Quand on voit la durée limitée du trajet et quand il faut des mois pour avoir un rendez-vous, on arrive vite à la fin » confie un autre témoin. Le ministre fédéral de la santé, Franck Vandenbroucke, exprimait son souhait de prolonger le trajet de soin mis en place sur le plateau de « rendez-vous » sur RTL il y a quelques semaines. 

Aller chercher les réponses ailleurs 

Face au manque de prise en charge en Belgique, certains cherchent des réponses ailleurs. C’est le cas de Candice, qui a trouvé des réponses au Luxembourg. « Après de multiples examens (test de force, de concentration, d’effort …) passés dans un secteur spécialisé du covid long au Luxembourg, j’ai pu rencontrer une infectiologue. Celle-ci m’a dit que je correspondais à un profil atteint par le covid long ». La prise en charge est-elle meilleure à l’étranger ? Dès l’arrivée du covid-19, plusieurs pays ont lancés des recherches sur le virus et ont rapidement proposés un suivi médical. C’est le cas du Canada, de la France, de l’Angleterre, etc. Nos voisins français semblent mieux lotis que nous. En France, 130 cellules de prise en charge « covid long » ont été créée en 2022. 

« La ligne d’arrivée est encore loin »

Sophie regrette sa vie d’antan.  « Le plus épuisant, c’est de ne plus avoir le même rythme de vie qu’avant, d’être restreint ». Le sport ? Impossible. La cuisine ? Quand l’énergie le permet. Les soirées ? Hors de question. La vie « normale » semble si éloignée. Les activités sociales se trouvent extrêmement réduites et la compréhension de certaines personnes dans l’entourage s’atténue au fil des refus. Tous les témoins partagent ce sentiment. « Ça reste compliqué de voir les autres continuer leur vie et moi de rester souvent derrière ma fenêtre » confie Fanny. La vie continue et eux restent handicapés par leur maladie, dans l’attente d’un traitement. 
D’après le Dr. Jamoulle, malgré des recherches (souvent dans d’autres pays par manque de financements en Belgique), aucun traitement n’a été mis sur le marché. Des médicaments antiviraux sont actuellement en phase de test en Suisse et aux États-Unis.

Dans l’attente d’un traitement, les malades trouvent du réconfort en partageant entre eux, notamment sur les réseaux sociaux où des communautés se sont formées. Des groupes de parole s’organisent aussi dans toute la Belgique. Entre encouragements, témoignages et échanges d’informations médicales, la solidarité entre malades prend tout son sens. « Je ne sais pas si je serai guérie un jour, mais je suis contente de chaque avancée. La ligne d’arrivée est encore très loin », conclut Fanny, avec l’optimisme de la volonté. 

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Mon Fils, Xavier et moi

Mammouth - ven, 08/03/2024 - 12:41
Huit familles monoparentales sur dix ont une femme à leur tête. Tiffany est l’une d’entre elles.

En Belgique, un ménage sur dix est une famille monoparentale. Et parmi celles-ci, 83% ont une femme à leur tête. Louise de Vuyst et M’mah Barthélémy Bangoura sont allées à la rencontre de l’une de ces familles monoparentales à Court-Saint-Etienne. Tiffany, la maman, raconte son combat au quotidien, sa manière de gérer la pression sociale, ses problèmes financiers ainsi que sa manière d’éduquer son fils sans le soutien du père biologique.

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Bertieaux vs. la FEF : le clash

Mammouth - ven, 08/03/2024 - 11:16
Emila Hoxhaj et Françoise Bertieaux s’opposent sur la réforme du décret paysage

Photo : Golnousch Nematkhah (CC BY NC ND)

Ce 1er mars se tenait la deuxième manifestation contre la réforme du décret paysage, organisée par la FEF, la fédération des étudiants francophones, qui réclame un retrait pur et simple. Quels sont les enjeux de cette réforme ? Les avis de Françoise Bertieaux, ministre de l’enseignement supérieur, et d’Emila Hoxjah, président de la FEF s’opposent en tous points.

Votée en 2021 par le MR, PS et Ecolo, la réforme du décret paysage a amené beaucoup de changements pour les étudiants. Un package complexe qu’il est souvent difficile de décrypter et comprendre, d’autant plus que les règles ne sont pas encore les mêmes pour tous.

Nous avons confronté les points de vue de la FEF, par la voix d’Emila Hoxhaj, présidente et étudiante à l’UMons, et de la Ministre Françoise Bertieaux. Interview garantie sans langue de bois !

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L’IVG, un droit constitutionnel en Belgique aussi ?

Mammouth - ven, 08/03/2024 - 09:23
L’avortement vient de devenir une liberté constitutionnelle en France. Et en Belgique ?

Photo : Unsplash

La France est devenue le premier pays du monde à inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution. En Belgique, où l’IVG n’est dépénalisée que depuis 2018, une telle évolution législative serait-elle possible ? Pas si simple, même si Les Engagés, héritiers de la démocratie-chrétienne, ont inscrit l’idée dans leur programme électoral.

Le lundi 4 mars restera une date historique. Ce jour-là, le Sénat français approuvait un amendement de la constitution garantissant la liberté d’avorter. « La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse ». Telle est la formulation de l’amendement en question, approuvé lors d’une session solennelle au château de Versailles. Il sera promulgué officiellement par le président Emmanuel Macron ce vendredi 8 mars, journée du droit des femmes.

En Belgique, ça dit quoi ?

La Belgique pourrait-elle s’inspirer de la France ? Cela ne serait possible qu’avec un vote à la majorité des deux-tiers, explique Marc Uyttendaele, avocat spécialisé dans le droit constitutionnel. Il serait par ailleurs nécessaire d’ajouter la modification de l’article 2 dans la prochaine révision de la constitution, explique-t-il. D’après lui, il existerait également, actuellement au parlement, une majorité pour le faire.

Aux Engagés, l’ancien parti chrétien francophone historiquement opposé à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), on est favorable à une telle évolution, qui se trouve même dans le programme électoral du parti. On y lit que les Engagés sont pour la dépénalisation totale, la réduction du délai de réflexion (le délai de 6 jours imposé entre la première consultation et l’intervention) et même pour faire entrer le droit à l’avortement dans la Constitution. 

« Nous sommes ouverts à l’idée de prolonger le nombre de semaines. Personnellement, je le suis totalement. Mais nous avons instauré la liberté de vote au sein de notre mouvement pour toutes ces questions éthiques où chacun pourra voter en fonction de sa sensibilité, de son vécu aussi parfois. », explique le président du parti, Maxime Prévot, dans un mail adressé à Mammouth Media.

Au PS, on “salue l’avancée symbolique pour le droit des femmes”. Mais plutôt que d’inscrire l’IVG dans la constitution, le parti socialiste met la priorité sur l’extension du droit à l’avortement: allongement du délai de 12 à 18 semaines après la conception, suppression du délai de réflexion et garantie de l’accès à une IVG sécurisée sur l’ensemble du territoire.

Une avancée significative en France

En Belgique, l’avortement est partiellement dépénalisé depuis 1990 avec la loi Lallemand-Michiels. Le roi Baudoin s’était abstenu de régner temporairement afin de ne pas la contresigner. Depuis, l’avortement est sorti du code pénal mais avorter nécessite tout de même respecter des conditions, notamment le respect d’un délais légal de 14 semaines d’aménhorée (arrêt des règles).

En France, Il est possible d’avorter jusqu’à 16 semaines d’aménorrhée. L’inscription de l’IVG dans la constitution est avant tout symbolique pour affirmer l’importance de ce droit, ou plutôt de la “liberté” d’avorter selon le texte. Pour Marc Uyttendaele, il n’y a aucune différence entre les deux : “si vous avez la liberté de le faire, c’est que vous en avez le droit”. 

L’inscription de cette liberté/droit dans la constitution française est, pour lui, surtout une victoire pour l’égalité homme-femme ainsi que pour les droits fondamentaux de la femme. Inscrire ce droit dans la constitution le “verrouille, le bétonne, voire le sacralise”.

Cette avancée est d’autant plus importante que dans d’autres pays du monde, le droit à l’avortement recule. C’est le cas aux États-Unis où une décision de la Cour Suprême du 24 juin 2022 a a revu sa jurisprudence qui garantissait le droit à l’avortement, renvoyant ce choix désormais aux états. Plusieurs d’entre eux, comme le Texas, ont déjà, suite à cette décision, décidé d’interdire l’IVG. 

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Les secrets du succès de l’athlétisme belge

Mammouth - jeu, 07/03/2024 - 11:01
Quelles sont les clés des succès de nos athlètes ?

Photo : Matis Breysens

Ce week-end, la Belgique a réalisé une performance historique : 4 médailles, dont 3 en or, aux championnats du monde indoor d’athlétisme. Le meilleur bilan de notre histoire, qui nous place deuxième au classement des médailles, derrière les USA. Comment en arrive-t-on à ce succès ?

Ces dernières années, nos athlètes remportent de plus en plus de médailles aux différents championnats. Depuis 2022, on constate une nette augmentation du nombre de médailles par rapport aux années précédentes. Auparavant, les athlètes belges gagnaient une médaille de temps en temps et n’avaient gagné qu’un seul titre mondial en 2008. Mais sur les deux dernières éditions, ils ont  récolté six médailles dont cinq d’or.

Source : World Athletics

Hier, le premier ministre Alexander De Croo a reçu nos médaillés du dernier championnat. Les athlètes présents sur place ont répondu à nos questions. Selon eux, cette évolution peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Des nouvelles infrastructures, comme la salle indoor de Louvain-La-Neuve, des nouvelles technologies, notamment la « Wave Light », ainsi que la camaraderie et le savoir-faire belges.

L’athlétisme belge a  encore de beaux jours devant lui : les athlètes nous fixent d’ores et déjà rendez-vous aux Jeux Olympiques de Paris cet été, avec, on l’espère,  de nouvelles médailles en bout de piste.

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