Regards croisés sur le métier de journaliste : Quentin et May, entre la Belgique et le Sénégal

18.03.2026
Grâce à leur mobilité ARES, Quentin (MA2 PI) et May (journaliste sénégalaise) ont croisé leurs regards sur le journalisme entre Bruxelles et la RTC à Pikine. Une immersion riche en enseignements !

Il y a un peu moins d'un an, Quentin et May ne se connaissaient pas encore, mais ils s'apprêtaient à vivre une expérience qui allait bousculer leurs certitudes professionnelles.

Étudiant en Master 2 Presse et Information, Quentin s’envolait pour le Sénégal, tandis que May, journaliste à Radio Oxyjeunes, s'installait à Bruxelles.

Soutenues par l’ARES, ces mobilités ont permis de confronter deux manières d’exercer le journalisme : celle des auditoires belges et celle de la rédaction de Pikine.

Apprendre à "prendre le temps" à la RTC

Dans le cadre de l'appel à bourse de voyage de l'ARES, Quentin a eu l’opportunité d’effectuer son stage au Sénégal durant trois mois où il a intégré la Radio Télévision Communautaire (RTC) à Pikine, une structure regroupant 133 médias locaux. Loin de la course à l'info effrénée que l'on connaît en Europe, il y a découvert un rythme plus apaisé. « On court moins, mais la qualité n’en souffre pas », confiait-il à son retour. À la RTC, le choix des sujets se fait sans précipitation, souvent en fin de journée, pour privilégier des thématiques qui touchent au plus près les communautés : rareté du poisson, insécurité alimentaire ou récits de vie.

Néanmoins, ce stage a représenté un véritable défi technique pour Quentin. Sans carnet d'adresses et face à une barrière linguistique partielle, il a dû apprendre à se débrouiller seul sur le terrain. Son retour s'est concrétisé par la réalisation d'un magazine intégralement produit avec un smartphone, prouvant qu'une approche minimaliste n'empêche pas une production de haute qualité.

L'immersion bruxelloise de May

Au même moment, May découvrait l'IHECS et la vie belge. Si les premiers jours ont été marqués par la recherche de repères dans une ville aux rues parfois trop ressemblantes, elle a rapidement été intégrée par les étudiants. « J’ai senti qu’ils nous considéraient comme leurs égaux, sans jugement », se souvient-elle.

Au-delà de l'hospitalité et de la sécurité qu'elle a particulièrement appréciées à Bruxelles, May a profité de ce semestre pour renforcer ses compétences et connaissances en journalisme. Entre les cours de narratologie et les ateliers de presse écrite encadrés par Wilson Fache, elle a découvert des formats comme le podcast incarné ou le carrousel numérique, des outils qu'elle souhaitait ramener dans sa rédaction au Sénégal pour moderniser l'information.

Ce qu'il en reste aujourd'hui

Un an plus tard, l'impact de ces mobilités résonne encore. May est repartie avec la conviction que le journalisme est un métier universel et ouvert à tous. Quentin, quant à lui, a pris conscience que le rôle d'un journaliste est indissociable de son contexte : ce qui est une priorité à Bruxelles ne l'est pas forcément à Pikine, et inversement.

Ces deux parcours illustrent combien la mobilité internationale est un véritable levier d’apprentissage : elle permet de confronter les pratiques, de déconstruire les préjugés et d’affiner sa posture professionnelle.