Une semaine pour ouvrir le dialogue
Point central de cette programmation : la journée du 23 mars, qui a réuni plus d’une centaine d’étudiants et d’enseignants autour d’un objectif commun : mieux comprendre ces enjeux et renforcer un climat d’apprentissage inclusif.
Cette journée s’est ouverte avec les prises de parole de Véronique Salvi, administratrice générale et des représentantes du CEHEG.
Très vite, la place a été laissée à Estelle Depris, ancienne étudiante de l’IHECS, pour une conférence interactive qui a rythmé toute la matinée.
Intitulée « Comprendre et pratiquer l’engagement antiraciste », son intervention a ouvert un espace de réflexion autour de plusieurs enjeux : la construction sociale de la “race” et ses effets sur les rapports de pouvoir, le racisme systémique en Belgique, les micro-agressions et leur banalisation, ou encore les notions de blanchité et de privilèges.
Entre apports, extraits vidéo et échanges avec la salle, la conférence a invité chacun à questionner ses perceptions et à mettre des mots sur des réalités parfois difficiles à nommer. Elle a aussi permis une prise de conscience collective : celle d’un racisme systémique présent dans de nombreuses interactions du quotidien, mais aussi de la banalisation de certaines remarques ou certains gestes, souvent invisibilisées, mais bien réelles pour celles et ceux qui les vivent.
Après une pause, l’après-midi s’est poursuivie en petits groupes. Répartis en ateliers d’une quinzaine de participants, les étudiants ont pris le temps d’échanger, d’écouter et de confronter leurs points de vue.
Ces moments ont permis d’aborder plusieurs dimensions : prendre conscience de ses propres privilèges, laisser une place centrale aux vécus des personnes concernées et installer un cadre propice au dialogue et à la remise en question.
Dans une atmosphère à la fois attentive et engagée, la parole a circulé autrement : plus directe, parfois plus personnelle, mais toujours essentielle.
En parallèle, les enseignants se sont retrouvés pour un temps d’échange centré sur leurs pratiques et leurs expériences. Plusieurs ont souligné l’importance de mieux s’outiller pour identifier et gérer les situations de discrimination, notamment dans les dynamiques de groupe.
La journée s’est clôturée en plénière, autour d’un partage collectif des échanges.
Un moment pour faire le lien, prolonger les réflexions… et surtout garder le dialogue ouvert.
Au total, près de 150 personnes ont assisté à la conférence et plus de 80 ont pris part aux ateliers, animés par des représentants d’Ucoopia, de FUCID et de Diasmecom.
Les retours recueillis en fin de journée témoignent d’un réel intérêt pour ces thématiques, avec une demande claire de prolonger la réflexion à travers d’autres initiatives, dès le bachelier.
Ce projet a été porté par Alisson Péchon, du département international, avec le soutien de la direction, du CEHEG et de l’ARES.
D’autres temps forts pour prolonger la réflexion
La semaine s’est poursuivie le 25 mars avec deux temps forts, prolongeant les réflexions engagées sous d’autres formes et dans d’autres espaces. Karim Ibourki, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), est venu questionner la place de la diversité dans les médias lors d’une keynote à destination des membres du personnel et des étudiantes et étudiants. En s’appuyant sur les données du dernier baromètre du CSA, son intervention a permis de mettre en perspective les représentations médiatiques actuelles, d’en interroger les équilibres, ou déséquilibres, et d’ouvrir un dialogue sur les responsabilités du secteur. Un débat, préparé par la section presse info, est venu prolonger ces échanges et nourrir la réflexion collective.
Dans un autre registre, mais avec une même volonté de donner à voir et à entendre des réalités souvent invisibilisées, le CEHEG a proposé une soirée autour d’un documentaire d’Amandine Gay. À travers des récits de vie, le film met en lumière les expériences de femmes noires en Europe et questionne en profondeur les stéréotypes liés au genre et à la race. La projection, suivie d’un échange animé par Média Animation ASBL, a permis de faire résonner ces témoignages avec les vécus et questionnements du public. La soirée s’est prolongée au Loft 58 autour d’un moment convivial, dans la continuité des discussions engagées.













