Mammouth
La Bolivie en colère
Un nouveau président contesté, des manifestations, des soupçons de fraude… La Bolivie s’enfonce à nouveau dans la tourmente politique.
Le 20 octobre 2025, Rodrigo Paz met fin à vingt ans de domination du parti d’Evo Morales, le MAS. Mais loin d’apporter la stabilité, son élection rouvre les fractures d’un pays épuisé par la crise économique, la corruption et la perte de confiance envers la classe politique.
Pour décrypter cette situation, nous avons interrogé Xavier Dupret, économiste au sein de l’Association Culturelle Joseph Jacquemotte et Sebastian Urioste, maître de conférences à La Rochelle Université et membre de l’Institut des Amériques, de l’équipe de recherche PoliCEMIES et de l’Observatoire Politique de l’Amérique latine et de la Caraïbe.
Un podcast réalisé par Maxime Copienne et Charlotte Simon.
The post La Bolivie en colère appeared first on Mammouth Média.
Les 24h-vélo, autrement !
© UCLouvain
Camille et Alex se sont rendus au 24h vélo de Louvain-la-Neuve avec un seul objectif : vous montrer ce que vous ne savez pas encore du plus grand événement estudiantin de Belgique. Du village des enfants au dispositif de sécurité, en passant par le plan Sacha, les 24h vélo de Louvain-la-Neuve sont bien plus qu’une simple course vélo.
Voir cette publication sur InstagramUne publication partagée par @mammouth.media
The post Les 24h-vélo, autrement ! appeared first on Mammouth Média.
Rap et homophobie, c’est fini ?
@unsplash
Pendant des décennies, l’homophobie a été normalisée dans certains textes de rap, et parfois associée à l’expression d’une masculinité virile. Aujourd’hui, la nouvelle génération rompt avec ces codes. Entre coming-out publics d’artistes et condamnation des propos homophobes, les mentalités évoluent. On retrace ensemble ce tournant majeur emprunté par le rap.
The post Rap et homophobie, c’est fini ? appeared first on Mammouth Média.
Dons de sang : sensibiliser les jeunes
@unsplash
Depuis le Covid, la Croix-Rouge constate une diminution du nombre de donneurs de sang. Celle-ci concerne particulièrement les personnes de 18 à 35 ans. Cette tranche d’âge est cruciale pour la Croix-Rouge parce qu’elle comprend les potentiels donneurs et donneuses fidèles de demain. Une série de campagnes tentent de sensibiliser la jeunesse à donner son sang.
Reportage réalisé par Rodrigue Sekone, Lisa De Groote et Tom Stiernet
The post Dons de sang : sensibiliser les jeunes appeared first on Mammouth Média.
Brutalisme constitutionnel
Le brutalisme constitutionnel est un concept utilisé pour désigner un gouvernement qui se sert de la Constitution pour imposer sa volonté coûte que coûte. Introduit par les politologues d’Harvard Daniel Ziblatt et Steven Levitsky, ce phénomène a été repris par Clément Viktorovitch pour analyser la politique de Macron. Entre recours répété au 49.3 et nominations des Premiers ministres, on vous explique pourquoi le brutalisme constitutionnel menace nos démocraties.
The post Brutalisme constitutionnel appeared first on Mammouth Média.
De Katmandou à Rabat : les révoltes de la GenZ
Photo : AUTEUR (Unsplash)
Ces derniers mois ont été marqués par une vague de soulèvements des jeunes qui entendent faire changer les choses au Népal, au Maroc ou encore à Madagascar. Quels sont les points communs et les différences entre ces mouvements ?
Chacun de ces mouvements a été initié par la Gen Z, soit des jeunes nés entre la fin des années 1990 et le début des années 2010. Tous sont l’expression d’une colère sociale face à l’action politique d’un gouvernement. Mais les éléments déclencheurs ne sont pas forcément les mêmes en fonction des pays où se déroulent les émeutes.
Trois pays, trois sources de révolte
Au Maroc, la mobilisation fait suite à la mort de huit femmes en une semaine dans un hôpital d’Agadir. Mais ces événements n’ont été que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Un mouvement de colère grondait depuis plus longtemps face au gouvernement jugé corrompu, clientéliste et népotiste. La GenZ s’est levée face aux inégalités sociales et territoriales qu’elle subit, comme le manque d’investissements dans les infrastructures publiques ou le manque d’opportunités. Ainsi, les manifestants marocains se plaignent notamment de la qualité médiocre des hôpitaux et écoles publiques alors que le gouvernement concentre ses investissements dans la construction de nouveaux stades de foot pour la Coupe du Monde 2030.
À Madagascar, la jeunesse a d’abord protesté contre l’effondrement des services de base suite aux coupures d’électricité récurrentes, aux pénuries d’eau et à la pauvreté extrême pour continuer ensuite face à la perception d’un pouvoir corrompu. Comme le souligne Jean-Michel Wachsberger, expert en sociologie urbaine et politique malgache : “ Madagascar est un des pays les plus pauvres au monde, ce pays a une trajectoire économique très particulière puisque depuis l’indépendance, le PIB ne cesse de baisser. Ce qui a déclenché les mobilisations, c’est en fait les coupures d’électricité qui sont récurrentes et qui durent 10 à 12 heures par jour. ”
Au Népal, c’est le train de vie démesuré des élites qui a fait jaser un des peuples les plus pauvres au monde. Les enfants des élites vantaient leur vie de luxe sur les réseaux sociaux, les esprits des jeunes défavorisés ont commencé à chauffer et le gouvernement a tenté de restreindre drastiquement l’accès du peuple aux réseaux sociaux, en vain. Cette tentative de restriction a débouché sur des émeutes durant lesquelles des bâtiments gouvernementaux ont été brûlés. Les confrontations entre des manifestants et les forces de l’ordre qui ont fait plusieurs morts.
Les réseaux sociaux comme outil de contre-pouvoir
L’usage central du numérique constitue un point commun majeur entre ces mouvements : au Maroc comme à Madagascar, les plateformes comme Discord, Tiktok, Instagram et Facebook ont permis aux jeunes de faire passer des messages forts, de créer une communauté et de préparer leur descente dans les rues. Par ailleurs, ces plateformes constituent de canaux majeurs de diffusion, permettant de relayer non seulement les mobilisations et les répressions, mais aussi les messages et revendications que les jeunes souhaitent faire passer.
Les jeunes Malgaches et Marocains ont été encouragés par la vague népalaise pour lancer leur propre révolution. “Je pense que l’inspiration du Népal a été très forte. Ils sont très connectés, beaucoup plus que leurs aînés. Ils ont repris les mêmes slogans, les mêmes façons de faire, les mêmes modes d’organisation. Les réseaux sociaux ont permis une forme de mobilisation qui n’était pas possible auparavant ”, confirme Jean-Michel Wachsberger. Si les éléments déclencheurs sont différents, ce n’est pas un hasard que les 15 – 35 ans de ces pays, pourtant éloignés, se soient rebellés les uns après les autres contre les inégalités auxquelles ils font face. Ces émeutes sont la preuve qu’à notre époque, les réseaux sociaux ont aussi le pouvoir d’agir à grande échelle et de renverser des politiques en très peu de temps.
Un même symbole et des slogans pour fédérer la colère
Les problèmes varient d’un pays à l’autre, mais partout les jeunes brandissent le même drapeau pirate de One Piece, un animé qui met en scène la bande du Chapeau de Paille défiant les dirigeants corrompus. Ce symbole est devenu leur étendard commun. Sur les réseaux comme dans les rues, il incarne la solidarité, la révolte et la détermination : un message clair pour les puissants et un signal pour tous ceux qui veulent se joindre au mouvement.
Comme l’explique Suzan Gibril, experte du Monde arabe et Moyen Orient et des régimes autoritaires : “ Ce sont des mouvements qui apprennent les uns des autres, et qui essayent d’implémenter ce qui a bien fonctionné ailleurs. C’est toute une symbolique. Ils se rassemblent autour d’un slogan qui est fort, d’une figure politique.”
Des slogans forts sont également devenus symboles d’une révolte mondiale. Au Maroc, les jeunes ont dénoncé la corruption et les inégalités avec des cris comme « Nous voulons des hôpitaux, pas des stades » ou encore « Liberté, dignité et justice sociale ». Au Népal, la contestation a pris une dimension numérique, avec des mots d’ordre tels que « No More Nepo Babies » ou « Stop corruption, not social media », exprimant le refus du népotisme et de la censure. À Madagascar, le slogan « We want to live, not survive » a résumé le désespoir d’une jeunesse en quête de meilleures conditions de vie. Tous ces slogans traduisent une même volonté de rupture, mais chacun porte la marque des luttes et des urgences propres à son contexte national.
Des soulèvements lourds de conséquences
En ce 23 octobre 2025, la situation au Népal a déclenché une grave crise politique, marquée par un lourd bilan humain de 74 morts et près de 2 113 blessés. L’armée, qui dirigeait temporairement le pays, a demandé aux manifestants de choisir une représentante ; ils ont alors nommé Sushila Karki à la tête du gouvernement de transition.
Au Maroc, les manifestations persistent par vagues, des centaines d’arrestations ont été rapportées et les appels à des rassemblements continuent malgré la répression policière. Suite aux mobilisations, le gouvernement a adopté un projet de loi de finances 2026, allouant 140 milliards de dirhams (environ 13 milliards de dollars) à la santé et à l’éducation, soit une augmentation de 23 % par rapport à l’année dernière. 27 000 nouveaux emplois dans le secteur public vont également être créés, une réforme nécessaire puisque, comme l’explique Suzan Gibril : “cette jeunesse est très bien éduquée, mais elle est forcée de rester vivre chez ses parents car elle fait face à un manque criant d’opportunités”. Enfin, le gouvernement prévoit aussi des réformes électorales visant à réduire les obstacles pour les jeunes candidats et à renforcer la représentation des femmes.
À Madagascar, la crise a pris un tournant décisif avec l’effacement progressif du président, fragilisé par une popularité en chute libre et une opposition parlementaire de plus en plus virulente. Dans ce climat d’incertitude, l’armée a saisi l’occasion pour imposer son autorité, entraînant la destitution d’Andry Rajoelina et son exil en France. Cette destitution ouvre une période d’incertitude, mais aussi de possibles renouveaux politiques.
Une jeunesse qui fait bouger les choses
Les soulèvements de la génération Z au Népal, à Madagascar et au Maroc montrent que cette jeunesse peut provoquer des changements politiques et sociaux concrets. Au Népal, le mouvement a conduit à la chute du gouvernement, à Madagascar il a forcé le limogeage du cabinet, et au Maroc il a entraîné des réformes importantes dans la santé et l’éducation.
Comme le souligne Suzan Gibril, ces mouvements représentent une « graine qui va devoir germer ». Néanmoins, leur ampleur et leur rapidité illustrent que la GenZ peut remettre en question des structures de pouvoirs établies, influencer l’agenda politique et attirer l’attention sur des injustices longtemps ignorées. Ces trois exemples démontrent l’impact considérable qu’une jeunesse mobilisée et connectée peut avoir sur la scène politique et sociale mondiale.
The post De Katmandou à Rabat : les révoltes de la GenZ appeared first on Mammouth Média.
La rue face à l’Arizona
Entre 80.000 et 140.000 personnes ont manifesté, le 14 octobre dernier, contre les mesures budgétaires adoptées par le gouvernement Arizona. Les journalistes de Mammouth ont suivi dans la rue quelques-unes d’entre elles.
L’union fait la grèvepar Zarvan Joudaki, Jules Schrooyen, Ema Sojeva et Anaïs Vanrossem
La colère des sages-femmespar Marie Henrotte, Jade Regau, Zoé Daix et Margaux Trintignac
Réforme des retraites : une indignation intergénérationnellepar Paul Dorthu, Christelle Ige Lasha, Yacine Dramé et Pauline Neuray.
The post La rue face à l’Arizona appeared first on Mammouth Média.
Chroniques d’un cordon sanitaire qui se desserre
Exception belge francophone, le cordon sanitaire a permis de contenir la montée de l’extrême-droite. Pourtant, il est aujourd’hui sous pression. Lors d’une semaine d’atelier dédié au traitement journalistique de l’extrême-droite, la rédaction de Mammouth s’est penchée sur différentes facettes d’une réalité politique mouvante.
Au 18e siècle, le cordon sanitaire désignait une ligne de contrôle mise en place pour empêcher la propagation d’une maladie contagieuse, comme la peste ou le choléra. Il pouvait s’agir de troupes ou de barrières physiques disposées autour d’une zone contaminée afin d’éviter que le mal ne se répande. L’expression est désormais surtout connue pour évoquer une stratégie d’isolement d’un parti ou d’un courant jugé “toxique” pour la démocratie. En Belgique, le cordon sanitaire est à la fois politique (pas d’accord de coalition avec des partis d’extrême-droite) et médiatique (dispositions pour éviter la prise de parole en direct). Aujourd’hui, cependant, alors que l’extrême-droite progresse, les rangs semblent moins serrés pour contenir la diffusion de ses idées.
Dans une interview au Soir, début octobre, le président du PS, Paul Magnette, faisait le constat que le cordon sanitaire était « vidé de son sens« . En ligne de mire, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, qui n’hésite pas à relayer fréquemment sur les réseaux sociaux des prises de position de membres de l’extrême-droite. L’intéressé n’avait pas encore répondu publiquement et nous l’avons sollicité. Il lance une attaque en règle contre le cordon sanitaire médiatique, en estimant que « nous empêcher de débattre contre le Vlaams Belang est un non-sens« . Voyez le reportage de Juliette Castiaux et Gloria Kamba.
Du côté néerlandophone, si le cordon sanitaire politique est sous pression, son volet médiatique n’existe tout simplement pas. Les représentants du Vlaams Belang sont donc invités à débattre sur les plateaux de télévision, comme ceux des autres partis. Comment les jeunes journalistes flamands apprennent-ils à couvrir l’extrême-droite ? Y a-t-il une précaution particulière face à des partis dangereux pour la démocratie ? Pierre Maeyens et Anne Mettlen ont traversé la frontière linguistique pour le savoir.
Les idées d’extrême-droite se répandent aussi en dehors de la scène politique au sens strict. Elles peuvent également progresser à travers des influences moins connues, comme la « guérilla juridique » qu’entend mener, depuis la Belgique, le milliardaire français Pierre-Edouard Stérin. Alexis Vercruysse l’explique dans cette vidéo.
Voir cette publication sur InstagramUne publication partagée par @mammouth.media
Les idées d’extrême-droite peuvent aussi se manifester de façon plus discrète, à travers des signaux compris par les seuls intéressés, les fameux « dog whistle », notamment dans le domaine de la mode. Marie Van Hertsen le montre dans son article sur ces marques qui sont plébiscitées par l’extrême-droite pour les messages codés qu’elles sont censées contenir.
Quand la haine se porte comme un vêtementLe racisme décomplexé se donne à voir tous les jours sur les réseaux sociaux. Les groupes « nostalgiques » sur Facebook, notamment, sont emplis de commentaires visant des catégories de population. Marie Beeckmans a voulu savoir si, au café du coin, la parole s’était aussi libérée. Spoiler: oui. En promenant son micro ouvert dans des cafés pour évoquer le Bruxelles d’antan, il n’a pas fallu longtemps pour entendre des commentaires racistes, voire des injures. Après mûre réflexion, nous avons décidé de ne pas diffuser son reportage afin de ne pas donner de visibilité
Si l’extrême-droite fait l’objet d’un traitement médiatique part, ce n’est pas uniquement à cause du racisme et de la haine qu’elle véhicule. C’est aussi, voire surtout, en raison du risque qu’elle présente pour la démocratie, comme l’a montré l’histoire du XXe siècle. Pour cette raison, il est nécessaire de cultiver la mémoire des graves troubles politiques qui ont mené à à la prise du pouvoir des nazis, à la deuxième guerre mondiale à et l’Holocauste. C’est ce qu’on fait Émilie Mailleux et Loïc Bonte, en retraçant, dans un podcast, le parcours de Léon Degrelle et en proposant quelques points de comparaison avec la période actuelle.
Léon Degrelle : un Wallon au service du FührerTous ces contenus sont issus d’une semaine d’atelier de journalisme politique, sous la conduite d’Eric Walravens.
The post Chroniques d’un cordon sanitaire qui se desserre appeared first on Mammouth Média.
Léon Degrelle : un Wallon au service du Führer
1939, la seconde guerre mondiale éclate. Léon Degrelle, alors figure dirigeante du rexisme, se rapproche rapidement d’Adolf Hitler. Il en vient même à se considérer comme son fils spirituel. Que reste-t-il du mouvement rexiste à l’heure actuelle ? Dans ce podcast, nous retraçons le parcours de celui qui était surnommé le Volksführer de Wallonie, et dont le rhétorique semble faire son retour dans les débats politiques d’aujourd’hui.
The post Léon Degrelle : un Wallon au service du Führer appeared first on Mammouth Média.
Quand la haine se porte comme un vêtement
Objet du quotidien, le vêtement dépasse parfois sa simple fonction esthétique pour devenir un signe identitaire et d’afficher une appartenance à une idéologie extrémiste. Les marque Fred Perry, Helly Hansen ou encore Lonsdale, plébiscitées par des courants d’extrême-droite, en sont l’illustration.
En apparence, ce n’est qu’un t-shirt noir décoré de symboles runiques et d’un nom tiré de la mythologie nordique. Mais pour derrière ses coupes sportives, la marque allemande Thor Steinar est devenue l’uniforme officieux de plusieurs groupuscules néonazis qui y lisent un message identitaire caché. C’est ce qu’on appelle le dog wishtle – sifflet à chien : un message, discret intégré dans un discours ou, dans ce cas, un vêtement, compris seulement par ceux qui connaissent le code. Ainsi, derrière une apparence neutre, le vêtement peut transmettre un message idéologique silencieux.
Des logos devenus symboles
Crée dans les 1960, la marque britannique Fred Perry symbolise pour certains l’élégance sportive. Mais dans les années 2010, sa célèbre polo noir à liserés jaunes, reconnaissable à sa couronne de laurier brodé, a été adopté par les Proud Boys, un groupuscule d’extrêmes droite américain qui prône la suprématie occidentale. Face à cette récupération, la marque a décidé de suspendre ce modèle en Amérique du Nord. « Fred était le fils d’un député socialiste de la classe ouvrière, devenu champion du monde de tennis à une époque où ce sport était réservé à l’élite. Non, nous ne soutenons en aucun cas ce groupe ou ses idéaux. Cela va à l’encontre de nos croyances et des personnes avec lesquelles nous travaillons« , John Flynn, président de Fred Perry, en 2017.
Clément Méric, militant antifasciste de 18 ans, perd la vie à la suite d’une violente rixe qui marque durablement les esprits. Le 5 juin 2013, il croise par hasard la route de plusieurs membres des Jeunesses nationalistes révolutionnaires lors d’une vente privée de vêtements Fred Perry à Paris. Ce qui devait être une simple sortie entre amis se transforme en confrontation idéologique. Des provocations éclatent autour d’un t-shirt arborant un slogan néonazi, et les tensions se déplacent à l’extérieur du magasin. Les deux groupes s’affrontent violemment devant une église. Au cours de la bagarre, Clément Méric est frappé à plusieurs reprises, notamment par Esteban Morillo, l’un des militants nationalistes. Il s’effondre, grièvement touché, et succombe à ses blessures le lendemain. Cette affaire provoque une vive émotion dans l’opinion publique et entraîne des conséquences politiques immédiates. Le gouvernement décide la dissolution du groupe d’extrême droite Troisième Voie, auquel appartenaient les skinheads impliqués, ainsi que celle de son service d’ordre, les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR). Ce drame illustre comment les oppositions politiques peuvent se matérialiser jusque dans le choix des vêtements, où marques et styles se transforment parfois en signes visibles d’idéologies profondément opposées.
Marque norvégienne emblématique pour ses vestes d’hiver, Helly Hansen veut incarner la robustesse nordique. En 2019, des militants d’extrême droite s’approprient son logo : les initiales « HH », interprétées par certains comme une abréviation de « Heil Hitler ». La marque a fermement condamné ces détournements et réaffirmé son refus de toute association politique.
En septembre 2024, le député du Rassemblement National Julien Odoul est apparu à l’Assemblée nationale vêtu d’une parka Helly Hansen. Le député Antoine Léaument (LFI) a publiquement dénoncé ce choix, provoquant un vif échange entre les deux élus. Le député socialiste a ensuite publié sur son compte X : « Julien Odoul arbore ici un classique des militants de l’ultra droite pour faire référence au « Heil Hitler ».«
Aux couleurs sombres, la marque Lonsdale s’impose comme une marque emblématique du monde de la boxe, populaire parmi les sportifs et jeunes quartiers ouvriers. Dans les années 2000, en Allemagne, des groupes néonazis s’emparent du logo dont une partie des lettres (NSDA) fait référence au parti national-socialiste des travailleurs allemands , le « National Sozialistische Deutche Arbeiter Partei », autrement dit le parti nazi. Les sweats, t-shirts et blousons deviennent des uniformes non officiels portés lors des rassemblements, stades et manifestations de ces groupes. Afin de redorer son image, le géant sportif textile créée différentes campagnes pour réaffirmer ses valeurs d’exclusivité et de diversité. En 2003, la marque crée « Lonsdale Loves all colors », qui valorise la diversité ethnique de ses mannequins, soulignant ainsi son refus du racisme.
En Belgique, la marque ne suscite pas la même effervescence qu’ailleurs. Simon, vendeur chez Direct Sport à Bruxelles, n’est pas surpris de l’association de vêtements des idéologies extrémistes. « C’est une forme d’appropriation culturelle explique il. En Angleterre, l’identité culturelle est très forte. Il y a une vraie culture de la boxe, de la rue. De plus la boxe est un sport très violent. Ainsi, cela ne m’étonne pas que la marque a été associée aux mouvements extrémistes. ». Selon lui, la marque n’a pas la même réputation qu’en Belgique où elle reste plus discrète. « On la voit moins ici. » précise-t-il.
Chez nous : Schild en VriendenLe t-shirt bleu clair du mouvement de jeunesse d’extrême droite flamand Schild en Vrienden avec comme inscription « 1302 » dans le dos n’est pas anodin. Utilisé comme « dog wishtle », le chiffre fait référence la date de la Bataille des Éperons d’Or, en 1302, où les milices flamandes ont écrasées l’armée du roi de France Philippe IV, près de Courtrai. Le fondateur de Schild en Vrienden, Dries Van Langenove, a été condamné en mars 2025 à un an de prison ferme pour infraction à la loi sur le racisme et le négationnisme, à la suite de la diffusion d’un reportage dans l’émission Pano montrant les coulisses du mouvement.
La boutique en ligne de Schild & Vrienden propose une gamme de produits dérivés, destinés à afficher l’identité visuelle et les slogans du groupe. On y trouve notamment des vêtements comme un polo bleu marine en coton biologique ou encore un sweat-shirt fabriqué en Flandre, tous deux ornés du logo S&V. La section accessoires met en vente des objets plus symboliques, tels que des gourdes avec inscrit « Linkse Traantjes » ( « larmes de gauche » ) ou des lots d’autocollants reprenant le logo complet du collectif. Enfin, la boutique propose également des cartes et affiches au ton revendicatif, comme des cartes de vœux aux messages politiques ou des posters portant le slogan « Vlaamse Jeugd, word Weerbaar ! (« Jeunesse flamande, sois résiliente ! »), invitant à la mobilisation identitaire.
La mode agit parfois comme un miroir des tensions sociales et idéologiques, et les vêtements peuvent être porteur de sens. Quand il s’agit de l’extrême-droite, cela n’a rien d’anodin.
The post Quand la haine se porte comme un vêtement appeared first on Mammouth Média.
Explique-moi les raisons du blocage politique à Bruxelles
© Pierre Maeyens
On entend beaucoup parler de la crise politique à Bruxelles, mais c’est difficile d’en comprendre les causes. Anne et Juliette ont mené l’enquête, avec l’aide du politologue Baptiste Buidin, pour démêler les enjeux et saisir ce qui bloque réellement dans la formation du gouvernement bruxellois.
The post Explique-moi les raisons du blocage politique à Bruxelles appeared first on Mammouth Média.
Adoptions en Corée du Sud : les enfants de la honte
Lou-ann, Luna, Camille Korea 2023
Depuis 1953, plus de deux cent mille enfants coréens ont été envoyés à l’adoption internationale, faisant de la Corée du Sud le premier pays exportateur d’enfants au monde et le modèle d’un système qui s’est ensuite répandu ailleurs.
Derrière ces chiffres se cachent des vies, des séparations, des identités en quête de sens. Car si ce système a longtemps été présenté comme une réussite humanitaire, il soulève aujourd’hui de profondes questions éthiques, légales et humaines.
À travers ce documentaire, nous avons voulu dépasser les apparences et explorer l’envers d’un phénomène souvent méconnu du grand public. Nous donnons la parole à celles et ceux qui en sont directement concernés : les personnes adoptées.
Leur regard, leurs récits, leurs émotions nous plongent au cœur d’une histoire collective marquée par les silences, les blessures et la résilience.
Un documentaire proposé par l’équipe de Vicesdadoption, Lou-Ann Ancion, Hélène Loffet, Géraldine Ngono Nkoumba, Lara Pino Lerro, Camille Remacle et Luna Van den Hauwe .
The post Adoptions en Corée du Sud : les enfants de la honte appeared first on Mammouth Média.
Au Festival des Libertés, réapprendre à dialoguer dans un monde polarisé
Dans un monde où les opinions se polarisent et où le débat se transforme en affrontement, le Festival des Libertés 2025 invite à réfléchir à la perte du dialogue et de la nuance. Face à la montée des tensions et à la simplification des discours, cette édition propose de revaloriser l’écoute, la confrontation constructive et la pluralité des voix comme fondements indispensables de la démocratie.
Pour la troisième année consécutive, les étudiants et étudiantes en journalisme en Master 2 à l’IHECS s’associent aux étudiants de la HELB. Ensemble, ils ont réalisé 8 magazines culturels pour vous faire vivre le Festival des Libertés 2025. Découvrez leurs créations ci-dessous !
Mag #1
Pour ce premier Mag des Libertés, c’est au Théâtre National que Charlotte et Maxime vous donnent rendez-vous. Au menu de cette émission, retour sur la soirée d’ouverture du festival, interview de Cédric Herrou et de Clément Papachristou. On vous propose également un entretien avec Chrissy Luypaert, la directrice adjointe de Bruxelles Laïque. On terminera en musique avec Oxmo Puccino. Un programme bien chargé, et ce n’est que le début ! »
The post Au Festival des Libertés, réapprendre à dialoguer dans un monde polarisé appeared first on Mammouth Média.
Apprendre à couvrir l’extrême droite en Flandre
© Pierre Maeyens
Ces derniers temps, le cordon sanitaire médiatique est souvent évoqué. Vivement critiqué par certains et ardemment défendu par d’autres, de quoi s’agit-il, tout compte fait ? Le cordon sanitaire médiatique consiste à empêcher l’extrême droite et ses représentants de s’exprimer en direct dans les médias francophones. Par exemple, selon cette règle, inviter un politique d’extrême droite sur un journal télévisé francophone, en direct, n’est pas autorisé.
Ce mécanisme n’existe pas en Flandre, et nous nous sommes donc demandés comment les étudiants néerlandophones en journalisme étaient formés pour apprendre à couvrir l’extrême droite. Professeurs et étudiants livrent leurs avis, leurs méthodes et évoquent le cordon sanitaire médiatique en tant que tel. Les avis sont partagés.
The post Apprendre à couvrir l’extrême droite en Flandre appeared first on Mammouth Média.